Ordonnances: bonnes pour la compétitivité, pas pour les conditions de travail, jugent les Français

 PARIS, 19 septembre 2017 (AFP) – Les ordonnances réformant le droit du travail amélioreront la compétitivité des entreprises, mais pas les conditions de travail des salariés, anticipent une majorité de Français, selon un sondage BVA pour La Tribune publié mardi.

Selon l’enquête d’opinion, 58% des Français estiment que la réforme du gouvernement permettra « d’améliorer la compétitivité de la France », mais ils ne sont que 24% à en attendre un impact positif sur les « conditions de travail ». En outre, moins d’un sur deux (45%) pensent que la réforme permettra de « lutter contre le chômage ».

Mais selon l’institut de sondage, l’accueil des ordonnances est meilleur que celui réservé à la future loi El Khomri fin février 2016, une semaine après la présentation de sa première version, qui contenait des mesures finalement abandonnées qui se retrouvent aujourd’hui dans les ordonnances: plafonnement des indemnités prud’homales, périmètre national pour apprécier les difficultés économiques des groupes qui licencient en France.

Selon un sondage BVA réalisé à l’époque, seulement 41% des Français en attendaient une amélioration de la compétitivité, 30% des effets contre le chômage et 15% une amélioration des conditions de travail.

Cette année, deux mesures sont bien accueillies: le développement de la consultation directe des salariés dans les petites entreprises (74% favorables) et la fusion des instances représentatives du personnel (64%).

En revanche, les Français sont plus partagés sur le développement des « CDI de projet » (45% pour, 53% contre) et très réticents au plafonnement des indemnités prud’homales en cas de licenciement abusif (59% contre).

Par ailleurs, le mouvement de contestation contre les ordonnances divise les Français: 50% le soutiennent, 48% le désapprouvent.

« Ce niveau de soutien (…) est comparable à celui mesuré à l’égard des nombreuses actions de mobilisation menées au 1er semestre 2016 contre la loi El Khomri », qui avait oscillé entre 45% et 56% au fil des sondages BVA réalisés sur la période, note l’institut.

Enquête réalisée en ligne les 14 et 15 septembre auprès d’un échantillon de 1.048 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas. Marge d’erreur de 1,4 à 3,1 points.

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