Ordonnances: Martinez (CGT) veut organiser « la résistance » dans les entreprises

PARIS, 13 novembre 2017 (AFP) – Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, veut « organiser la résistance » contre les ordonnances « dans les entreprises » et reproche au chef de l’Etat de parler uniquement « aux privilégiés » dans un entretien au quotidien Les Echos.

Avant la quatrième manifestation jeudi, à laquelle FO s’associe pour la première fois, M. Martinez affirme: « Nous allons organiser la résistance contre l’application des ordonnances dans les entreprises », jugeant que « rien n’est impossible si le rapport de force est là ».

Il estime par ailleurs que la situation sur le front du chômage ne s’améliore pas: « Les emplois précaires et les petits boulots se multiplient et toute la politique d’Emmanuel Macron vise à importer en France ce type d’emploi que l’on trouve dans les pays anglo-saxons et en Allemagne ».

Et de critiquer la décision de ne plus diffuser mensuellement mais par trimestre les chiffres de chômage, jugeant qu’il s’agit de « camouflage » et d’une « décision condamnable ». « Il est important de connaître les évolutions mensuelles », affirme-t-il.

Il estime aussi que « Les Français ont constaté que le président ne vit définitivement pas dans le même pays qu’eux ». « Il parle aux privilégiés et aux autres il demande de la flexibilité et des efforts », reproche-t-il.

Interrogé sur la suite après la mobilisation programmée de jeudi, M. Martinez répond: « pour la suite, nous verrons ».

Interrogé sur la réforme en cours de la formation professionnelle et de l’apprentissage envisagée par le gouvernement, le numéro un de la CGT n’est « pas d’accord sur sa volonté d’attribuer la responsabilité de la formation des chômeurs aux régions et de l’apprentissage aux branches professionnelles ».

« La logique doit rester nationale et globale, en particulier sur les diplômes », a-t-il ajouté.

Sur la réforme de l’assurance chômage et l’indemnisation des démissionnaire, il estime que « le gouvernement commence à rétropédaler sur le sujet ». « Le risque est grand que cela se retourne contre les salariés, soit qu’ils quittent leur emploi sans perspective soit qu’ils soient forcés à démissionner », estime-t-il.

Il se dit par ailleurs en désaccord avec le contrôle effectué par Pôle Emploi de la recherche d’emploi chômeurs: « on montre du doigt quelques tricheurs pour faire oublier que la moitié des chômeurs ne sont pas indemnisés », a-t-il dit.

Interrogé sur le fait de savoir si, comme son homologue qui dirige la CFDT, Laurent Berger, il pensait que les syndicats étaient mortels, il a répondu, « bien sûr ». « Si les syndicats ne prennent pas en compte la diversité du monde du travail, ils ont du souci à se faire », a-t-il ajouté.

Interrogé aussi sur le fait de savoir si la CGT préférait défiler avec FO qu’avec la CFDT, M. Martinez a répondu: « pas du tout ». « On a des désaccords de fond avec la CFDT mais il y a des sujets sur lesquels on pourrait travailler ensemble ».

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