Pacte de responsabilité: le Medef assure avoir « joué le jeu »

PARIS, 16 février 2016 (AFP) – Le président du Medef, Pierre Gattaz, a assuré mardi que les entreprises « ont joué le jeu » dans le cadre du pacte de responsabilité et accusé le gouvernement de « se tirer une balle dans le pied » en menaçant de « conditionner » les aides.

« Nous avons joué le jeu, nous le jouons et nous le jouerons », a affirmé M. Gattaz, lors d’une conférence de presse, en réaction aux déclarations jugées « assez contre-productives » du Premier ministre Manuel Valls, qui avait menacé lundi pour la première fois de « conditionner » les aides aux entreprises accordées dans le cadre du pacte de responsabilité.

Avec cette menace, « le gouvernement se tire une balle dans le pied », a ajouté le président du Medef. « Nous avons l’impression d’avoir beaucoup travaillé dans une période difficile (…). Malgré de nombreux obstacles, nous arrivons à un bilan honorable », a-t-il insisté lors de sa conférence de presse mensuelle.

« Nous avons pris des engagements qui sont chiffrés », a expliqué M. Gattaz. Selon lui, 25 branches professionnelles sur 56, représentant 11 millions de salariés, « ont signé ou ouvert à la signature un texte » d’accord.

En revanche, quatre branches ne sont pas parvenues à trouver un accord et sept poursuivent les discussions, a-t-il ajouté, sans préciser ce qu’il en est des vingt branches restantes.

« Le Medef ne signe pas seul les accords. S’il y a échec, c’est une responsabilité partagée », a souligné le président du Medef, qui estime à « plus de 9,4 millions » le nombre de « salariés couverts ou en voie de l’être par des mesures s’inscrivant dans le pacte de responsabilité ».

Le président de la CGPME, François Asselin, a également regretté les déclarations de M. Valls.

« Tout cela ne peut fonctionner que si autour il y a la confiance, or la confiance n’est pas présente et lorsque nous entendons les déclarations du Premier ministre nous n’avons pas besoin de défiance, nous avons besoin de confiance », a-t-il déclaré sur Europe 1.

De son côté, le ministre des Finances, Michel Sapin, a demandé des avancées. « Les Français font aujourd’hui un effort légitime pour alléger les charges des entreprises (…) Au cours de l’année 2016, les choses doivent progresser », a-t-il expliqué sur BFM/RMC.

M. Valls a estimé lundi que les engagements du patronat en matière d’emploi n’étaient « pas satisfaisants » dans le cadre du pacte de responsabilité.

« Nous avons toujours dit que nous respecterions l’engagement financier » de 41 milliards d’euros au total de baisse du coût du travail en France, a déclaré le Premier ministre.

« Mais comme cela a déjà été parfois proposé, les aides peuvent être conditionnées, elles peuvent être réorientées vers d’autres entreprises, c’est cela que nous allons étudier », a-t-il ajouté.

Le pacte de responsabilité, qui englobe le CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi), mêle des baisses de cotisations patronales et des mesures de réduction fiscales pour les entreprises, destinées à permettre aux entreprises d’embaucher et d’investir.

Prévu pour monter en puissance progressivement, il doit représenter en 2017, en rythme de croisière, un coût annuel de 41 milliards d’euros pour l’État.

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