Paris Europlace propose la création d’un statut particulier pour les cadres de la finance

PARIS, 27 octobre 2016 (AFP) – Paris Europlace, association qui promeut la place de Paris, a proposé jeudi la création d’un statut dérogatoire pour les hauts cadres du secteur financier, afin d’inciter les établissements britanniques échaudés par le Brexit à relocaliser des salariés en France.

« L’idée d’un statut dérogatoire vise à avoir un droit du travail plus souple et compétitif pour les cadres de l’industrie financière de haut niveau », a expliqué à l’AFP Arnaud de Bresson, le délégué général de Paris Europlace.

« Il s’agit pour la place de Paris de continuer à renforcer son attractivité pour les établissements financiers qui réfléchissent à une relocalisation d’une partie de leurs activités et de leurs équipes dans l’Union européenne », notamment à la suite du vote du Royaume-Uni en faveur du Brexit, a ajouté Arnaud de Bresson.

Le ministre de l’Économie et des Finances Michel Sapin, tout en affirmant qu' »il est nécessaire de renforcer l’attractivité de la place de Paris dans le domaine financier » et que le gouvernement est déterminé à lui en donner les moyens, s’est toutefois montré sceptique sur cette proposition de Paris Europlace.

« Pour saisir les opportunités du Brexit, les imaginations sont au pouvoir », a estimé le ministre lors d’un déplacement en Seine-et-Marne jeudi, ajoutant « nous, nous agissons. Des propositions ont été faites ».

M. Sapin a notamment évoqué la baisse de l’impôt sur les sociétés votée la semaine dernière dans le cadre du budget 2017, y voyant « un élément d’attractivité » pour les entreprises, y compris financières, qui souhaiteraient quitter Londres.

Mais même s’il comprend que « d’autres idées fleurissent » en la matière, le ministre a rappelé qu' »en France, nous tenons beaucoup au traitement identique entre différentes personnes, entre différents métiers ».

Aussi « on ne peut pas faire un statut particulier pour un métier particulier qui est celui de la finance », a-t-il jugé.

Michel Sapin a par ailleurs indiqué que le gouvernement était en train de développer « toute une panoplie » afin de « permettre de répondre positivement, activement, de manière dynamique, aux enjeux du Brexit ».

Le ministre a également rappelé que la France était favorable à une taxe sur les transactions financières (TTF) au niveau européen.

« C’est d’ailleurs uniquement au niveau d’un espace suffisant, en l’occurrence l’espace européen, qu’une taxe sur les transactions financières a un sens », a-t-il renchéri.

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