Participation en baisse chez Carrefour: la colère monte chez les salariés

PARIS, 9 mars 2018 (AFP) – La colère monte chez les salariés de Carrefour qui devraient toucher cette année une cinquantaine d’euros de participation, contre plus de 600 euros l’an dernier, une « double peine » après l’annonce de milliers de suppressions d’emplois, a-t-on appris vendredi de sources syndicales.

Des débrayages ont déjà eu lieu dans des entrepôts à ce sujet, ont indiqué à l’AFP les syndicats FO et CFDT.

Michel Enguelz (FO) a évoqué « la colère (qui) monte » chez les salariés. Ils sont « très remontés » et perçoivent comme une « aumône » cette participation, a renchéri Sylvain Macé (CFDT). Surtout au regard des dividendes qui seront versés aux actionnaires (plus de 350 millions d’euros), ont souligné les deux syndicats.

La direction, qui a reçu vendredi matin les organisations syndicales, est prête à ouvrir des discussions, selon les mêmes sources. Une réunion est programmée mercredi prochain.

Carrefour a confirmé à l’AFP une réunion « la semaine prochaine », du fait de « l’impact de cette baisse de la participation sur le pouvoir d’achat ».

Le groupe de grande distribution, pénalisé par des charges exceptionnelles, a publié fin février une perte nette de 531 millions d’euros pour l’année 2017. Hors éléments exceptionnels, il affiche un bénéfice de 773 millions d’euros, en baisse de 25%.

Compte tenu de provisions passées pour dépréciation d’actifs, selon les syndicats, la somme disponible pour la participation est tombée à 7,46 millions d’euros, soit 57 euros en moyenne par salarié.

L’an dernier, les salariés avaient touché en moyenne 610 euros. En 2008, ils avaient perçu 1.065 euros, a souligné M. Macé.

Si les résultats sont en baisse, « comment on arrive à verser 350 millions d’euros aux actionnaires », a protesté M. Enguelz, qui veut discuter « sur la base » de la somme perçue l’an dernier. En baissant « de 45% à 40% » la part des bénéfices consacrée aux dividendes, « on finance une prime de 700 euros », a calculé M. Macé.

Le Snec CFE-CGC a réclamé un supplément calculé, comme la participation, en pourcentage du salaire brut et non un montant fixe qui « pénalise l’encadrement ».

Pour la CGT, qui milite pour « une augmentation des salaires » et non pour des primes, même si cette baisse est « regrettable », « l’urgence n’est pas là » mais dans les suppressions d’emplois, a souligné son représentant Philippe Allard.

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