Pas d’augmentation générale des salaires à la SNCF en 2016

PARIS, 1 juillet 2016 (AFP) – La SNCF a décidé de ne pas augmenter collectivement les salaires de ses 150.000 salariés en 2016, une deuxième « année blanche » consécutive dénoncée vendredi par plusieurs syndicats.

Lors des négociations obligatoires annuelles qui se sont tenues jeudi, le groupe public ferroviaire a annoncé une nouvelle « année blanche », ont déploré dans des communiqués séparés l’Unsa et la CFDT, SUD raillant une « pseudo-négociation ».

Interrogée par l’AFP, la SNCF a confirmé l’information, comme l’absence de mesures catégorielle spécifiques, également réclamées par les syndicats.

Un porte-parole a justifié cette décision par « une inflation quasi-nulle » et « un business (qui) ne va pas bien en France et pas mieux à la SNCF ».

Lors des négociations, l’entreprise a également évoqué le coût de la grève de juin, selon les syndicats. Cet épisode « a accentué les difficultés », a ajouté le porte-parole.

Selon la SNCF, la « rémunération moyenne du personnel présent » augmentera mécaniquement de 2,5% en 2016, après 15% de hausse entre 2010 et 2014, due en majeure partie à l’effet des mesures d’ancienneté et d’avancement.

« Comme à son habitude, la direction s’est retranchée derrière les arguments de mauvaise conjoncture économique: concurrence exacerbée avec l’arrivée des autocars +Macron+, développement du covoiturage, attentats, grèves, intempéries et même Brexit », déplore la CFDT.

Pour SUD-rail, « elle oublie de dire que ces dernières années, les 10 plus hautes rémunérations de l’entreprise grimpent à une allure vertigineuse et ont été plus que multipliées par 2 en 10 ans, pas mal pour des gens qui ne parlent que de +rigueur+, de +productivité+, de +coût du personnel+ ».

Le syndicat souligne que la SNCF supprime chaque année en moyenne « 1.100 postes par an depuis 2007 ».

En juin, la grève lancée par la CGT et SUD (premier et troisième syndicats) pour défendre un régime de travail de haut niveau pour les cheminots et réclamer le retrait de la loi travail a fait perdre en quinze jours 310 millions d’euros de chiffre d’affaires au groupe, selon la direction.

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