Pas de contrepartie punitive aux aides sociales (Christelle Dubos)

ARIS, 20 février 2019 (AFP) – « Je ne veux pas de contreparties punitives », a indiqué mercredi la secrétaire d’État auprès de la ministre de la Santé, Christelle Dubos, sur Radio Classique à propos de la proposition controversée du Premier ministre vendredi, de renforcer les contreparties aux aides sociales.

« La seule chose que je sais, c’est que je ne veux pas de contreparties punitives, je veux que ce soient des contreparties qui permettent aux personnes bénéficiant des minima sociaux de pouvoir sortir et aller vers de l’insertion sociale et professionnelle », a dit la secrétaire d’État.

« La question est posée dans le cadre du grand débat, la contrepartie elle existe déjà depuis 30 ans avec le RMI puis le RSA, c’est le droit et l’obligation d’un accompagnement. Le constat qui est fait aujourd’hui, c’est que 700.000 bénéficiaires en France n’ont pas d’accompagnement », constate-t-elle.

« Je crois que la contrepartie, c’est aussi une contrepartie de politique publique: c’est être présent, les accompagner vers de l’emploi et vers une activité. »

Interrogée de son côté sur RMC/BFM TV, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a aussi estimé qu’il ne fallait pas de « contrepartie punitive » imposée aux bénéficiaires de minima sociaux. « Je suis pour leur proposer » du bénévolat, par exemple « d’aider une association ». « La logique ce n’est pas de l’imposer » mais de le « proposer systématiquement, pour tous ceux qui peuvent ».

Mme Dubos a dressé un bilan à fin janvier de l’élargissement et l’augmentation de la prime d’activité.

« Au mois de janvier, c’est plus de 800.000 demandes qui ont été faites, 55% sont de nouveaux allocataires mais qui auraient pu bénéficier de la prime d’activité en 2018 et 45% sont les nouveaux allocataires éligibles avec l’élargissement ».

« C’est un succès », a-t-elle estimé, tout en pointant le taux élevé de non recours, puisque « 55% des nouveaux allocataires auraient déjà pu en bénéficier ».

« Vous avez 80% des personnes éligibles qui la demandaient, un taux de non recours de 20%, c’est une méconnaissance des droits », constate-t-elle.

Le travail « en cours sur l’automatisation de cette prime en 2020 » ainsi que la mise en oeuvre d’un « revenu universel d’activité » devraient améliorer le recours aux prestations pour ceux qui y sont éligibles, précise la secrétaire d’Etat.

« Le président, le 13 septembre dernier, a annoncé une prestation qui simplifierait et qui permettrait de fusionner a minima le RSA, la prime d’activité et l’aide au logement. Les travaux vont commencer officiellement avec les rencontres avec les associations, les acteurs, les bénéficiaires eux-mêmes, un rapporteur a été nommé et tous les scénarios seront posés sur la table », indique Mme Dubos, évoquant « un texte en 2020 ».

Elle a estimé le coût de la prime d’activité à « 2,5 milliards, 2,6 milliards d’euros ».

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