Pas de quotidiens en kiosque jeudi en raison d’un mouvement social

PARIS, 12 septembre 2018 (AFP) – Les versions papier des quotidiens ne paraîtront pas jeudi en raison d’un appel à la grève lancé dans les imprimeries et les services de distribution par la CGT, dans le cadre d’une mobilisation contre le projet de réforme de la distribution de la presse.

Le quotidien Le Monde était déjà concerné mercredi, proposant uniquement une version électronique en début d’après-midi pour son édition datée de jeudi.

Le Figaro et La Croix, de même que les Echos et le Parisien, faute de paraître en kiosque jeudi, ont indiqué qu’ils diffuseront leurs versions électroniques dès mercredi soir. Les quotidiens régionaux risquent également de voir leur diffusion perturbée.

L’hebdomadaire L’Obs avait lui pris ses précautions en avançant sa parution à mercredi.

Près de deux cents manifestants s’étaient réunis mercredi matin entre le ministère de la Culture et le Louvre, a constaté un journaliste de l’AFP, répondant à un appel de la CGT pour protester contre les conclusions du rapport Schwartz sur la distribution de la presse.

Sur fond de grave crise du distributeur Presstalis, l’avant-projet de loi qui conclut ce rapport rendu cet été au gouvernement propose de confier la régulation du secteur à l’Arcep, régulateur des télécoms, et d’assouplir les règles en vigueur.

« Quand on veut construire une loi, il faut qu’elle soit partagée par les acteurs du secteur », a plaidé Didier Lourdez, secrétaire général du Syndicat général du livre et de la communication écrite (SGLCE – CGT), à quelques jours de la fin d’une consultation sur la réforme.

Le syndicat de la presse quotidienne nationale (SPQN) a exprimé sa « colère » face à « cette attitude irresponsable ».

« Les quotidiens nationaux ne paraîtront pas demain, à la suite d’un mouvement déclenché par la CGT du Livre », a indiqué le SPQN dans un communiqué, estimant que « sans aucune discussion préalable et en l’absence de l’existence d’un conflit quelconque avec les éditeurs de presse, la CGT prend en otage la presse française ».

« Ce mouvement politique n’a aucun sens », a protesté le SPQN.

Le SGLCE demande le maintien des principes fondateurs de la loi Bichet, qui régule la distribution de la presse depuis l’après-guerre.

Didier Lourdez demande notamment que soit maintenu le « système coopératif obligatoire », qui oblige les marchands de journaux à distribuer les titres proposés par les éditeurs.

L’avant-projet de loi propose plutôt de définir un nouveau « droit à la distribution » et un « droit effectif d’accès au réseau de distribution », contrôlés par un régulateur unique, l’Arcep, ainsi que la possibilité pour les marchands de presse de choisir une partie des titres qu’ils diffusent.

tsz/fpo/fmi/pb