Pas de télémédecine sans rémunérations adéquates, préviennent des syndicats de médecins

PARIS, 10 janvier 2018 (AFP) – Le développement de la télémédecine devra passer par des rémunérations adéquates, ont averti mercredi deux syndicats de médecins libéraux, une semaine avant l’ouverture de négociations avec l’Assurance maladie sur les tarifs des consultations à distance.

« Pas sûr que les médecins aient envie de se lancer » dans la télémédecine, « objet fantasmatique » censé « résoudre tous les problèmes », a commenté Jacques Battistoni, le président du premier syndicat de généralistes, MG France, lors d’un point presse.

Il faudra « une rémunération réellement incitative pour les actes », avait déclaré un peu plus tôt son homologue du SML, Philippe Vermesch.

Dans le cadre de son plan de lutte contre les déserts médicaux, le gouvernement espère favoriser le déploiement de la télémédecine en l’inscrivant dans le droit commun.

Le dernier budget de la Sécurité sociale prévoit ainsi des négociations entre l’Assurance-maladie et les syndicats pour déterminer les tarifs des actes de téléconsultation (consultation à distance en visio-conférence) et de télé-expertise (réclamée par un médecin traitant à un spécialiste, par exemple).

Le premier rendez-vous est le 18 janvier, et aucune échéance n’a été fixée pour l’heure.

Dans le cas de la télé-expertise, le médecin qui requiert l’expertise d’un confrère devra être « rémunéré au même niveau » que ce dernier, a insisté le président de MG France. En outre, il faudra élaborer « une classification commune des actes de télémédecine » tenant compte du niveau de complexité des consultations, a expliqué M. Battistoni, plaidant pour une « gradation » des rémunérations.

Autre suggestion: l’extension de la négociation aux actes de « téléconseil » (par exemple, un « coup de fil » passé au patient pour « s’enquérir de son état de santé, de l’équilibre de son diabète »), qui ne sont pas rémunérés.

Des confrères « vont râler à juste titre » si la négociation n’inclut pas ce type de télémédecine pratiqué « au quotidien » par les généralistes, prévient M. Battistoni.

De son côté, outre une rémunération « réellement incitative », le président du SML réclame « un forfait pour financer les équipements » nécessaires aux téléconsultations et à la sécurisation des informations transmises, ainsi qu’une formation « offerte » aux médecins.

Les syndicats ne connaissent pas encore le montant de l’enveloppe que l’Assurance maladie est prête à mettre sur la table. Dans sa lettre de cadrage, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, engage simplement son directeur général, Nicolas Revel, à veiller « à ce que les tarifs de la téléconsultation ne soient pas supérieurs à ceux des actes réalisés en présence du patient ».

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