Patrick Bernasconi, un patron adepte du dialogue social à la tête du Cese

 PARIS, 1 décembre 2015 (AFP) – Chef d’une PME familiale, dirigeant du Medef, partisan du dialogue social: Patrick Bernasconi, 60 ans, qui s’est installé mardi à la présidence du Conseil, économique social et environnemental (Cese), a l’image d’un « patron social ».

A la tête d’une PME de travaux publics et vice-président du Medef jusqu’à la semaine dernière, ce Normand d’origine italienne, au sourire timide, n’a jamais manqué d’ambition.

Président durant près de neuf ans de l’une des plus puissantes fédérations du Medef, celle des Travaux publics, il a convoité en 2013 la présidence de l’organisation patronale, avant de se désister en faveur de Pierre Gattaz, vainqueur de la course.

« Patrick Bernasconi a une fibre sociale, sa candidature face à Pierre Gattaz, c’était le patron social face au libéral », relève auprès de l’AFP Bernard Vivier, directeur de l’Institut supérieur du travail.

Au Medef, « il symbolisait le courant ouvert au dialogue social », estime un de ses soutiens syndicalistes. Quatre centrales réformistes – CFDT, CFTC, CFE-CGC, Unsa – ont appuyé sa candidature au Cese face au président sortant Jean-Paul Delevoye.

Son allure simple tranche avec celui d’un grand patron sûr de son fait. Les formules à l’emporte-pièce – comme celles prisées par Pierre Gattaz – ne sont pas son fort.

-‘pas un bateleur’-

« Ce n’est certes pas un bateleur, mais un homme attaché à la réflexion et au fond », renchérit un de ses soutiens.

A son actif, plusieurs négociations sociales sensibles: la représentativité syndicale en 2008, des conventions de l’assurance chômage et la sécurisation de l’emploi en 2013.

Des syndicalistes qui l’ont cotoyé à ces occasions le décrivent comme « un homme posé, conscient du rapport de forces, mais pas dans l’agressivité », « quelqu’un avec qui on peut discuter », qui est « toujours à la recherche une solution » pour faire aboutir les négociations.

« Ces négociations m’ont permis de pratiquer le dialogue social », « de comprendre la nécessité et le rôle des corps intermédiaires », confie-t-il à l’AFP. « J’aime rassembler mes interlocuteurs pour pouvoir bâtir ensemble ».

Ce Normand est le 16 juillet 1955 à Domjean (Manche). Ses parents, d’origine italienne, s’étaient installés dans cette région dans les années 1920.

Son entreprise de travaux publics est « une histoire familiale », raconte-t-il. Créée en 1933 par son grand-père, c’est son père qui lui a donné la dimension d’entreprise de travaux publics et de bâtiment dans les années 1950″.

Diplômé de l’Ecole supérieure des Travaux publics, il a pris les rênes de l’entreprise familiale en 1985, « Bernasconi travaux publics ». Il en assure toujours la présidence.

Engagé dans les organisations patronales d’abord en Normandie, il est devenu un poids lourd du Medef, en présidant de 2005 à 2013 la Fédération des Travaux publics.

Après avoir rallié en 2013 Pierre Gattaz dans la course la présidence du Medef, il a hérité du poste de vice-président dont il a démissionné jeudi dernier, relevant l’incompatibilité entre les deux fonctions.

Au Cese, il a fait son entrée en 2010, au titre des personnalités qualifiées nommées par le gouvernement, et a été membre du bureau du l’institution à partir de 2014.

« Au bureau du Cese, il était transparent, neutre, il n’a rien fait », lui reproche un des ses adversaires.

Mais il promet un « renouveau démocratique » pour le Cese. A peine élu, il a affirmé vouloir demander « audience » au président de la République et aux présidents des deux assemblées pour évoquer « la place centrale » du conseil.

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