Pavageau (FO): « plutôt que de parler de pognon, parlons de redistribution »

MONTPELLIER, 14 juin 2018 (AFP) – La déclaration d’Emmanuel Macron sur le « pognon de dingue » dépensé « dans les minima sociaux » est « caricaturale et provocatrice », a estimé jeudi le secrétaire général de Force ouvrière, Pascal Pavageau, considérant qu' »on a besoin de parler de répartition et de solidarité ».

« La question n’est pas la quantité de pognon qui est dépensée », a-t-il déclaré lors du 42e congrès de la Mutualité française à Montpellier, affirmant que « sans les minima sociaux le taux de pauvreté passerait de 14% à 22% » de la population.

« Plutôt que de parler de pognon, parlons de redistribution », a-t-il lancé, après avoir rappelé « qu’un tiers des bénéficiaires potentiels du RSA ne l’utilise pas ».

M. Pavageau a ensuite souligné devant des journalistes que « les deux tiers des adultes en situation de pauvreté ont un emploi ou en recherchent un ».

« Ces personnes font tout pour essayer de s’en sortir », a-t-il insisté, critiquant le discours prononcé la veille par M. Macron, en particulier sa volonté de « contrôler » et « responsabiliser » ceux qui ont fini par « s’installer dans une forme d’exclusion ».

« On sous-entend que celui qui perd son emploi est un peu responsable de la situation et on va jusqu’à sous-entendre que celui qui est dans une situation d’extrême pauvreté en est un peu responsable. Ca n’est pas acceptable », a dénoncé le patron de FO.

« Notre responsabilité collective, c’est de leur tendre la main, ou la corde, pour pouvoir remonter », a-t-il poursuivi, dans une allusion aux « premiers de cordée » évoqués l’an dernier par le président de la République.

Au sujet de la vidéo diffusée par l’Elysée, dans laquelle le chef de l’Etat fustige le « pognon de dingue » investi dans la protection sociale sans pour autant permettre « aux gens de s’en sortir », M. Pavageau a jugé qu' »on n’a pas besoin de parler de pognon de manière caricaturale et provocatrice ».

Pour lui, « on a besoin de parler de répartition et de solidarité pour faire en sorte que demain le taux de pauvreté tombe à zéro ».

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