Pénibilité: l’association des victimes du travail dénonce « un retour en arrière »

PARIS, 10 juillet 2017 (AFP) – L’association des victimes du travail (Fnath) dénonce lundi les principes réformant le compte pénibilité qui « laissent sur le bord du chemin de nombreuses catégories de travailleurs » et signent un « retour en arrière ».

« En annonçant que, pour quatre critères (manutention de charges lourdes, postures pénibles, vibrations mécaniques et risques chimiques), seuls les travailleurs ayant fait reconnaître une maladie professionnelle et ayant un taux de 10% pourront bénéficier du compte pénibilité, le gouvernement limite sciemment le nombre de bénéficiaires », écrit dans un communiqué la Fnath.

L’annonce, effectuée samedi par le Premier ministre Edouard Philippe, « vient transgresser la promesse du président de la République de maintenir les droits des travailleurs concernés », déplore la Fnath.

Le gouvernement « change aussi les objectifs du compte pénibilité qui vient normalement prévenir et indemniser la différence d’espérance de vie en raison de l’exposition à des conditions de travail pénibles. Cet écart dans l’espérance de vie entre les catégories socio-professionnelles reste très élevé et continue à augmenter », insiste-t-elle.

« L’exposition à des produits chimiques peut entraîner une diminution de l’espérance de vie, sans pour autant entraîner la reconnaissance d’une maladie professionnelle avant l’âge de la retraite. Le délai entre l’exposition à des produits chimiques et le déclenchement d’un cancer d’origine professionnelle peut s’étaler sur plusieurs décennies », cite en exemple l’association.

Actuellement, le compte pénibilité est financé par deux cotisations patronales spécifiques. Le Premier ministre propose la suppression de ce financement et son transfert à la branche de la sécurité sociale dédiée aux accidents du travail.

Un transfert de financement, qui selon la Fnath, « conduit à diluer sur l’ensemble des entreprises le financement de ce compte ».

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