Pénibilité: le dispositif remanié « va à l’encontre de la prévention » (CFDT)

PARIS, 10 juillet 2017 (AFP) – La confédération CFDT a vivement déploré lundi les changements portés par Matignon au compte pénibilité, estimant que le nouveau dispositif « va à l’encontre de la prévention » et confère « un droit à continuer d’abîmer la santé des salariés ».

La modification des règles pour quatre critères (manutention de charges lourdes, postures pénibles, vibrations mécaniques et risques chimiques) fait pencher le dispositif vers « une gestion médicalisée de la pénibilité », une approche qui « est un droit à continuer d’abîmer la santé des salariés ayant les métiers les plus pénibles », estime le syndicat dans un communiqué.

Dans le dispositif remanié, les employés exposés à ces risques pourront certes bénéficier d’un départ anticipé à la retraite mais seulement quand une maladie professionnelle aura été reconnue.

Le syndicat fustige en outre la suppression des deux cotisations patronales spécifiques actuelles, un « désengagement financier des entreprises au profit du financement de la branche accidents du travail/maladies professionnelles » qui « exonère les employeurs de leurs responsabilités au mépris de la santé de leurs salariés ».

« Ce dispositif va à l’encontre de la prévention, telle que la CFDT l’a toujours défendu, et du principe de pollueur-payeur », ajoute le premier syndicat du secteur privé, en promettant que « le compte professionnel de prévention soit une réalité pour tous les salariés exposés aux travaux pénibles ».

La CFDT s’engage notamment à ce que les futurs accords collectifs traitant de la prévention permettent aux salariés concernés par les quatre facteurs modifiés de « bénéficier du droit à la formation et du passage à temps partiel », comme les autres.

Séparément, la fédération Construction et Bois de la CFDT qualifie la réforme de « démembrement » et demande au gouvernement de « revoir sa copie ». L’annonce « scandaleuse » du Premier ministre samedi « est particulièrement dramatique et injuste pour les salariés du BTP », concernés au premier chef par les facteurs « retirés de la liste ».

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