Pénicaud: « On est mûrs pour inventer une flexisécurité à la française »

PARIS, 12 septembre 2017 (AFP) – La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a estimé que le pays était « mûr pour inventer une flexisécurité à la française » mardi, jour de contestation sociale contre la réforme du Code du travail.

« Je pense qu’on est tout à fait capables en France et qu’on est mûrs pour inventer une flexisécurité à la française, qui suppose un investissement fort dans les parcours professionnels et en même temps de l’agilité pour saisir les marchés », a déclaré la ministre, qui inaugurait la 6e édition des Entretiens de la cohésion sociale à l’Institut Montaigne.

Le « défi commun », a-t-elle dit en ouverture de ce colloque, c’est d’arriver à une souplesse et à une sécurité qui concernent autant les entreprises que les salariés. Elle a cité notamment « le télétravail », qui concerne « 16% des Français alors que 67% souhaitent en bénéficier », et la nécessité de « dialogue social », du côté des entreprises.

« L’enjeu est autant dans ce qui va arriver après » que dans la réforme du Code du travail, a-t-elle dit, évoquant « le deuxième volet de la rénovation du modèle social » et les concertations à venir sur « la sécurisation des parcours professionnels » ainsi que sur la réforme de l’assurance chômage.

Le gouvernement mise sur « l’apprentissage » et « la formation professionnelle », rappelle la ministre, car « 5,6% des personnes qui ont un Bac + 2 ou plus sont au chômage, 19,6% sans qualifications ».

Par ailleurs, « 7% des jeunes sont en apprentissage en France », alors que « tous les pays européens qui ont vaincu le chômage de masse des jeunes sont des pays où l’apprentissage est fort », a-t-elle souligné, citant « la Suisse » et « l’Allemagne » qui « ont entre 15 et 20% d’apprentis ».

Concernant la réforme de l’assurance chômage, « qui a été construite par statut » et ne correspond « plus du tout (à) la réalité », selon elle, Mme Pénicaud a évoqué la prochaine intégration d’une partie « des indépendants qui aujourd’hui n’ont pas de filet de sécurité ».

Elle souhaite également « aller plus loin » concernant le « compte personnel de formation » afin que, d’ici « 12 à 18 mois », « chaque Français puisse connaître ses droits à la formation et avoir accès directement à une +appli+ très simple, aux types de formation qui existent, à leur résultat en matière d’insertion, de promotion ».

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