Pénicaud: une concertation sur l’emploi des seniors « en janvier »

PARIS, 12 décembre 2019 (AFP) – Une concertation sur l’emploi des seniors sera ouverte en janvier avec les partenaires sociaux, a annoncé jeudi la ministre du Travail Muriel Pénicaud sur BFM TV.

« C’est une concertation qu’on va avoir avec les partenaires sociaux en janvier après un rapport qu’on va recevoir prochainement », a indiqué la ministre au sortir d’un entretien avec Sophie Bellon, chargée d’une mission par le Premier ministre, qui doit remettre en janvier un rapport sur le « maintien des seniors dans l’emploi ».

« C’est un sujet très important qui fait partie du sujet de la réforme des retraites. Travailler plus longtemps parce qu’on vit plus longtemps c’est logique mais par contre, il faut pouvoir avoir un travail », a souligné la ministre.

Le taux d’emploi des seniors en France est un des plus bas d’Europe. Seulement 30% des 60-64 ans sont encore en emploi, contre 42% en moyenne dans l’Union européenne, selon un rapport France Stratégie d’octobre 2018.

« C’est vrai qu’en France, les entreprises, pas toutes mais une majorité d’entreprises ont tendance à exclure du travail les jeunes et les plus expérimentés », a convenu la ministre. « Ce n’est pas bien humainement, socialement, économiquement et ça plombe aussi le sujet des retraites ».

« Il faut permettre, et ça fait partie des annonces, de pouvoir faire une retraite progressive », a-t-elle ajouté. « Il y a beaucoup de gens que ça intéresse, aujourd’hui c’est très difficile, qu’on puisse cumuler l’emploi et la retraite en continuant à gagner des points ».

Selon la Caisse nationale d’assurance maladie, en 2018, il y avait seulement 18.150 personnes en retraite progressive au régime général.

La ministre a aussi évoqué un « index » pour l’emploi des seniors, sur le modèle de l’index de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, qui est « en train de faire bouger dans les entreprises ».

Elle souhaite faciliter les reconversions: « On ne peut pas être couvreur et monter sur les toits à 60 ans. Par contre quand on est couvreur, à 40 ans, on sait qu’on va avoir 60 ans. Donc il faut qu’on ait des systèmes qui permettent de se reconvertir à temps vers des métiers où on pourra aller jusqu’à la retraite. »

Elle a esquissé l’idée d’un « compte personnel, un compte épargne retraite à soi, qu’on emporte d’un emploi à l’autre » et qui permette « à 30 ans, à 40 ans, à 50 ans, de prendre 6 mois payés pour se re-former, se reconvertir, vivre au chaud, s’occuper de sa famille, respirer et préparer la suite. »

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