Pensions de retraites: « Pas le meilleur signal » avant la réforme (Larcher)

PARIS, 27 août 2018 (AFP) – Le président du Sénat Gérard Larcher a estimé lundi que la progression annoncée des pensions de retraites, moindre que l’inflation, n’était « pas le meilleur signal » que le gouvernement pouvait envoyer avant la réforme à venir des retraites.

Cette annonce par Edouard Philippe dimanche, « c’est encore une baisse de pouvoir d’achat pour les retraités après la CSG, et le sentiment pour eux d’être un peu les abandonnés du pouvoir politique. A un moment où on s’apprête à parler réforme des retraites, je ne suis pas certain que ce soit le meilleur signal, c’est en tous les cas un signal qui angoisse », a-t-il déclaré sur Europe 1.

« Les Français sont prêts à des sacrifices à la condition qu’ils aient le sentiment que la France ira mieux », mais leur « sentiment c’est qu’elle ne va pas mieux et qu’en plus leur pouvoir d’achat va diminuer », a-t-il ajouté, en regrettant que le gouvernement revienne « aux pratiques du rabot ».

Le vice-président de LR, Jean Leonetti, a critiqué de son côté « un très mauvais choix ». « Quand on met de la CSG sur l’ensemble de la population et en particulier sur les retraités et qu’on allège la charge de ceux qui jouent au CAC 40, ce n’est pas juste », a-t-il déclaré sur France Inter.

« Ce que l’on donne aujourd’hui aux uns, on va l’enlever demain aux autres », et à la fin « c’est toujours le peuple qui paie le déficit », a-t-il ajouté.

Si le patron des Républicains Laurent Wauquiez a appelé le gouvernement à « rendre l’argent aux Français », M. Larcher a noté qu’il faudrait pour cela « d’abord diminuer la dépense publique ». Or, « 13% du PIB est consacré à de la masse salariale (…) On nous avait annoncé 50.000 emplois en moins dans la fonction publique, on en aura 4.500 cette année: à ce train-là, il faudrait au minimum douze ans, et non pas les quatre ans qui restent du quinquennat », pour atteindre l’objectif, a-t-il souligné.

Pour le porte-parole de LR Laurence Sailliet, le gouvernement a « cassé la machine (…) Ils sont face au mur et ils essaient de faire quelques économies de bouts de chandelle mais sans véritable stratégie, en faisant payer toujours les mêmes ». « Les retraités sont les véritables vache à lait de ce gouvernement », a-t-elle dénoncé.

Gérard Larcher a néanmoins jugé que la suppression des cotisations sur les heures supplémentaires était la preuve non pas d’une « politique de droite » mais d’une « politique de bon sens en matière de charges, notamment celles qui pèsent sur les salariés ».

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