Pensions de réversion: Buzyn veut « harmoniser » les règles

PARIS, 21 juin 2018 (AFP) – Les règles d’attribution et de calcul des pensions de réversion, très différentes en fonction des régimes de retraite, créent des « injustices » et doivent être « remises à plat » et « harmonisées », a estimé jeudi Agnès Buzyn au Sénat.

Alors que des personnalités politiques et organisations syndicales s’inquiètent d’une possible remise en cause des pensions de réversion dans le cadre de la future réforme des retraites, la ministre des Solidarités et de la Santé, a assuré qu’il n’était « pas du tout question de les supprimer ».

« Il existe 42 régimes de retraite, chacun à ses propres règles, et ces différences s’appliquent notamment à ces pensions de réversion, dont les paramètres ne sont pas du tout les mêmes selon les régimes », a déclaré Mme Buzyn, interrogée par le sénateur LR René-Paul Savary, lors de la séance de questions au gouvernement.

« Il est nécessaire de remettre à plat cette grande diversité de règles qui conduit aujourd’hui à des grandes injustices entre les Français, qui vont avoir droit à des pensions différentes alors qu’ils sont confrontés exactement au même drame du décès de leur conjoint », a-t-elle poursuivi.

« A ces injustices s’ajoute une complexité, importante, lorsque le conjoint décédé a été affilié à plusieurs régimes de retraite. Chaque régime a son propre calcul et ses propres critères d’attribution et le conjoint survivant doit engager des démarches très souvent longues et compliquées, et le résultat en termes de montant perçu peut varier considérablement d’un régime à l’autre », a-t-elle insisté.

« L’objectif de la concertation » menée par le Haut-Commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye « est de refonder notre système de retraite en étudiant chaque dispositif, sans vouloir les supprimer, en voulant les harmoniser », a-t-elle précisé.

Elle a précisé que la réforme « ne touchera(it) pas les pensions déjà liquidées » et que les personnes touchant déjà une pension de réversion « ne verr(aient) aucun changement ».

« Il s’agit de repenser un dispositif pour qu’il soit plus juste, plus universel » mais « la part de solidarité restera la même dans la future réforme », a-t-elle assuré.

La semaine dernière, Jean-Paul Delevoye avait aussi affirmé, selon plusieurs médias, que l’objectif serait bien d’harmoniser les règles, mais « à enveloppe constante ».

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