Perpignan: des salariés non payés s’inquiètent du silence de leur patron

 PERPIGNAN, 17 mai 2017 (AFP) – Des salariés d’une entreprise de nettoyage à Perpignan, qui n’ont pas reçu leur salaire d’avril, ont dénoncé mercredi le silence de leur direction, ce que cette dernière réfute, précisant que la société est en cessation de paiement.

24 salariés de l’entreprise SM Clean à Perpignan ont fait appel à un syndicat, s’alarmant de ne pas avoir reçu leur salaire d’avril et de ne pas avoir d’explication de la part de leur direction sur le sujet.

« Actuellement je survis avec mes deux enfants, 5 ans et demi et 8 ans et demi, avec les associations caritatives. On survit. J’ai pas pu payer le loyer, pas pu payer EDF », a expliqué à un correspondant de l’AFP l’une des salariés, Charlotte Desré, précisant ne pas avoir été payé « en avril » et « une partie du mois de mars ».

« On a 24 salariés d’une société de nettoyage qui depuis 40 jours n’ont pas de nouvelles de leur employeur et qui sont sans salaire », a déploré Jérôme Capdevielle, secrétaire général FO du département.

« La société aurait commencé une procédure de liquidation judiciaire. Il a fallu que l’on commence à bouger pour que l’employeur se mette à entamer cette procédure », a-t-il affirmé.

« Il n’y a pas carence de direction », a réagi Me Karen Favarel, avocate toulousaine de la direction de cette entreprise basée à Toulouse, qui emploie quelque 150 personnes dans le sud de la France, selon elle.

L’entreprise est en cessation de paiement et une procédure vient d’être engagée auprès du tribunal de commerce de Toulouse, selon elle.

« La procédure est toute récente, on a décidé ça très vite » face à la situation financière. « Mon client est très affecté de ce qu’il se passe, ce n’est pas du tout un patron voyou, il n’est pas parti à l’étranger, ça n’a rien à voir avec ça », a ajouté l’avocate de la direction.

« Certains salariés n’ont pas été payés », a-t-elle confirmé, « puisque la banque n’a pas permis les virements » du fait des difficultés financières, même si « nous avons payé prioritairement les salariés avant tout autre créancier », a-t-elle précisé.

« Le mandataire judiciaire qui sera désigné va prendre le relais et régler les arriérés de salaires comme il est d’usage en la matière », a-t-elle conclu.

En sus, à Perpignan, la situation est particulière, estime-t-elle: les chantiers attribués par la ville de Perpignan ont été « perdus » par l’entreprise. La nouvelle société choisie par la ville, légalement obligée de reprendre les 24 salariés, « n’a pas pris contact » avec SM Clean jusqu’ici, assure l’avocate.

cor-alv/cpy/mm