Pesticides: un cas de Parkinson reconnu post-mortem comme maladie professionnelle

ANGERS, 25 avril 2019 (AFP) – Marcel Geslin, un ancien employé arboricole mort l’an dernier à 74 ans, a obtenu jeudi la reconnaissance par la justice de l’origine professionnelle de sa maladie de Parkinson, a-t-on appris auprès du tribunal des affaires de sécurité sociale (Tass) du Maine-et-Loire.

Dans une décision du 15 avril, reçue par courrier ce jeudi par le frère de la victime, le Tass a infirmé la décision de la commission de recours amiable de la Mutualité sociale agricole de Maine-et-Loire, qui avait rejeté la demande de reconnaissance de l’origine professionnelle de la maladie de Parkinson de Marcel Geslin.

Le tribunal a donc « homologué l’avis du Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles de Bretagne en date du 3 décembre 2018, favorable lui à cette reconnaissance ».

« C’est plus qu’une victoire pour l’honneur », a déclaré à l’AFP Michel Geslin, frère et tuteur de Marcel, qui a mené le combat pour obtenir cette reconnaissance. « Car avec la médiatisation de l’histoire de mon frère, nous avons fait bouger les choses. D’autres victimes des pesticides se sont manifestées auprès de nous pour faire entendre leur voix et ne plus subir la loi du silence. »

Employé pendant 37 ans dans la même entreprise arboricole à Loiré, près d’Angers, où il a passé toute sa vie, Marcel Geslin était préposé à l’entretien des vergers, la taille, l’éclaircissage, la cueillette…

« Il ne manipulait pas lui-même les produits phytosanitaires. Mais comme tous les employés à l’époque, il travaillait dans les rangs pendant et après les traitements », rapporte Michel Geslin.

Apparus en 2008 après son départ en retraite, ses troubles ont été diagnostiqués « de type Alzheimer » avant d’être requalifiés en « maladie de Parkinson » quelques années plus tard, entraînant l’ouverture d’une demande de reconnaissance en maladie professionnelle provoquée par les pesticides.

« Cette reconnaissance nous a été refusée une première fois en 2017 parce que le certificat initial de son médecin traitant n’avait fait mention que de +troubles de mémoire+. Alors même que la MSA (Mutualité sociale agricole)disposait de tous les avis des spécialistes », regrette Michel Geslin.

Un deuxième refus sera opposé à la famille en 2018 pour des questions de délai d’instruction.

A l’échelle nationale, il n’existe aucune donnée statistique publique sur les maladies professionnelles liées aux produits phytosanitaires. En 2017, Patrice Heurtaut, directeur de la santé-sécurité au travail de la MSA avait indiqué qu’elles représentaient « 2% des maladies professionnelles déclarées au titre du régime agricole ».

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