Peugeot Motocycles va supprimer 90 emplois sur son site de Mandeure

MULHOUSE, 5 juillet 2018 (AFP) – Le constructeur de deux-roues Peugeot Motocycles, filiale du groupe indien Mahindra, va supprimer 90 emplois d’ici à l’an prochain à son siège et usine en France à Mandeure (Doubs), soit près du quart des effectifs du site, a-t-on appris jeudi auprès de la direction.

L’entreprise, qui emploie 373 salariés à Mandeure, va mettre en place une « nouvelle organisation industrielle » à partir du premier trimestre 2019, « qui entraînerait la suppression nette de 90 postes », a-t-elle annoncé dans un communiqué.

Elle « privilégiera » les départs volontaires, a-t-elle précisé. Les départs interviendront jusqu’en mars 2019, avec l’objectif qu’ils se réalisent « au maximum » par le volontariat, a précisé à l’AFP Costantino Sambuy, PDG de Peugeot Motocycles.

Sinon, « ce sera des licenciements secs », a décrypté Cyril Lucquet, responsable de la section CFDT.

« Ce projet est difficile mais crucial si nous voulons redresser durablement la situation financière de l’entreprise et assurer de réelles perspectives d’avenir au site de production de Mandeure dans un contexte de marché de plus en plus tendu », a commenté le PDG, cité dans le communiqué.

La réduction d’effectifs s’opérera en parallèle d’un « plan de relance ambitieux » visant à présenter sept « nouveaux produits de rupture » d’ici à 2020, et à faire revenir le constructeur à l’équilibre financier cette année-là, après avoir cumulé 70 millions d’euros de pertes depuis 2015, a ajouté la direction.

Selon son communiqué, le constructeur va privilégier les marchés des scooters haut de gamme, des modèles électriques et des motos de moyenne cylindrée (125 à 300 cc). « La grande évolution, c’est le retour de Peugeot sur le marché de la moto, dans son segment en croissance », a commenté M. Sambuy. L’entreprise va investir dans ce but 47 millions d’euros sur trois ans en recherche-développement et en production.

Mais la répartition de l’enveloppe entre Mandeure et les unités en Asie n’a pas été précisée, a relevé Cyril Lucquet.

Le site français sera le principal bénéficiaire du plan d’investissement, il sera le pilier des développements dans les scooters haut de gamme et participera activement à l’électrification des modèles, a exposé M. Sambuy.

« Quatre des sept nouveautés seront fabriquées à Mandeure, dont la production augmentera ainsi à 11.500 véhicules en 2020 au lieu de 6.700 prévus cette année », a-t-il complété auprès de l’AFP.

Le responsable syndical a exprimé son inquiétude sur la pérennité du site de Mandeure, dernière usine française de deux-roues. « C’est notre cinquième plan de réduction d’effectifs depuis 2003. Nous allons être moins de 300 salariés, c’est très peu », a dit M. Lucquet.

Le plan de développement de produits présenté jeudi a suscité son « scepticisme », car « il n’est pas plus précis que les précédents, qui n’ont pas redressé la situation », a-t-il estimé.

Le site sera pérennisé, avec le soutien de l’actionnaire principal Mahindra, a répondu M. Sambuy.

Peugeot Scooters, qui se rebaptise Peugeot Motocycles, est depuis 2015 contrôlé à 51% par le groupe indien Mahindra, tandis que le groupe PSA a conservé le solde des parts.

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