Pharmaciens et Sécu entrent en négociation pour de nouveaux modes de rémunération

PARIS, 22 février 2017 (AFP) – Trouver de nouveaux modes de rémunération pour les pharmaciens, fortement impactés par les économies sur les médicaments : c’est l’objectif de la négociation qui s’ouvre mercredi entre l’Assurance maladie et les deux principaux syndicats de la profession, demandeurs d’honoraires à l’acte.

« En 2016, 200 pharmacies ont fermé, soit une pharmacie tous les deux jours », déplore Philippe Besset, le vice-président de la FSPF, premier syndicat chez les 55.000 pharmaciens exerçant dans 22.000 officines en France. « On a perdu en deux ans 3,5% de notre rémunération », renchérit Gilles Bonnefond, le président de l’USPO.

En cause, selon eux, les économies programmées chaque année dans le budget de la sécu autour du médicament, et notamment les baisses de prix, la rémunération des pharmaciens étant fortement liée aux tarifs et aux volumes des médicaments vendus.

Ainsi, en 2017, la marge des officines sera impactée à hauteur de 123 millions d’euros, selon des estimations de l’Assurance maladie, pour une évolution « au mieux stable, au pire en décroissance de 2% ».

Des mesures ont déjà été prises ces dernières années pour compenser ces baisses, comme l’instauration d’un honoraire de dispensation d’un euro pour chaque boîte de médicaments remboursable vendue et d’une rémunération supplémentaire pour certains objectifs de santé publique.

Mais elles sont insuffisantes, selon les syndicats. « En moyenne, l’effort que nous demandons sur 5 ans est de deux euros par ordonnance », explique M.Besset, qui réclame « la création d’une nomenclature d’actes pharmaceutiques permettant de tracer la qualité de la dispensation du médicament ».

Le pharmacien pourrait ainsi être rémunéré, par exemple, lorsqu’il intervient sur une ordonnance, pour rajouter un médicament oublié ou lorsqu’il constate un risque d’interaction dangereuse, détaille-t-il. Autre piste : l’instauration d’une rémunération forfaitaire pour le suivi des patients âgés, proposée par l’USPO.

La négociation sera également l’occasion d’aborder l’évolution du métier de pharmacien, avec de nouvelles missions envisagées dans la lutte contre le tabagisme ou encore le développement de la vaccination.

Une convention réussie permettrait « d’attirer les jeunes » en insistant sur le rôle du pharmacien dans « l’accompagnement des patients » et pas comme un « distributeur de boîtes », souligne M. Bonnefond.

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