Pharmaciens: ultimes négociations avec l’Assurance maladie pour une « réforme » de la rémunération

PARIS, 5 juillet 2017 (AFP) – Les syndicats de pharmaciens entament mercredi la dernière ligne droite de leurs négociations avec l’Assurance maladie pour diversifier le mode rémunération des professionnels en valorisant leur rôle de conseil, une « reforme très attendue » par les officines, selon leurs représentants.

Près de cinq mois après le début des discussions, la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) et l’Union des syndicats des pharmaciens d’officine (Uspo) devraient connaître le montant de l’enveloppe que l’Assurance maladie est prête à mettre sur la table pour modifier les revenus perçus par les officines. Eux réclament, en plus de leurs nouveaux honoraires, une enveloppe de 300 millions d’euros sur trois ans.

« Il y a urgence. La profession attend beaucoup de cette négociation afin que les choses changent profondément », commente le président de l’Uspo, Gilles Bonnefond. « Les revenus des officines ont baissé de 3% en deux ans », explique-t-il.

Pressés, les syndicats, qui ont prévu une ultime séance avant le 14 juillet, souhaitent que la réforme soit effective en janvier 2018.

« Outre le montant de l’enveloppe, on veut s’assurer que ce que l’on nous donnera d’un côté ne sera pas repris d’un autre en modifiant certains paramètres », prévient M. Bonnefond.

Encore très dépendantes du prix et des volumes des médicaments, les officines dont la rémunération est constituée pour moitié de la marge commerciale, pour l’autre des honoraires de dispensation (1 euro par boîte remboursable), sont impactées par la maîtrise des dépenses de santé.

L’objectif est de transférer progressivement une partie de cette marge -1,25 milliard d’euros sur trois ans- vers de nouveaux honoraires notamment liés à la complexité des médicaments ou au profil des patients (jeunes enfants et personnes âgées), soit un quart de la rémunération.

Le 26 avril, les parties avaient signé un protocole actant un certain nombre d’avancées, comme des « bilans de médication », rémunérés 60 euros. Pour le suivi les années d’après, un forfait de 20 euros serait versé, il passerait à 30 euros dans le cas où de nouveaux traitements sont prescrits.

L’indemnité d’astreinte perçue par les pharmaciens dans le cadre de la permanence pharmaceutique serait également portée de 150 à 170 euros.

Enfin, les rémunérations sur objectifs de santé publique (Rosp) – comme la délivrance de médicaments génériques, application du tiers payant – seraient complétées.

« Il faut arriver à sortir du médicament qui est le seul sujet d’économie », souligne Philippe Besset, vice-président de la FSPF, premier syndicat de la profession.

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