Philippe détaille sa feuille de route, avec de nombreuses annonces

PARIS, 4 juillet 2017 (AFP) – Édouard Philippe a décliné mardi la feuille de route de l’exécutif, avec de nombreuses annonces en matière d’éducation, de santé et surtout de budget, au lendemain de l’intervention axée sur les institutions d’Emmanuel Macron devant le Congrès.

Paquet de cigarettes porté « progressivement » à 10 euros, vaccins obligatoires pour les enfants, réforme du bac, suppressions à terme des restes à charge sur les lunettes ou les soins dentaires: pour sa déclaration de politique générale devant l’Assemblée nationale, le chef du gouvernement a souvent donné dans les annonces concrètes, dans un discours de plus d’une heure régulièrement applaudi par sa large majorité pro-Macron.

Face au risque de dérapage budgétaire hérité du quinquennat Hollande, Edouard Philippe a précisé des mesures devant permettre de trouver les quatre milliards d’euros nécessaires pour ne pas franchir le seuil de déficit de 3% du PIB.

« La France est dans les cordes et aucune esquive ne nous sauvera », a justifié devant les députés cet adepte de la boxe, à qui le président avait laissé le soin de détailler la difficile feuille de route budgétaire.

Promesse majeure du candidat Macron, la baisse de la taxe d’habitation sera bien mise en oeuvre « d’ici la fin du quinquennat », mais le Premier ministre n’a pas donné de calendrier plus clair, quand une mise en place progressive entre 2018 et 2020 était espérée par les contribuables.

Confirmée également la hausse de la CSG, cible de la droite, plus que compensée pour les actifs par la baisse des cotisations sociales, autre mesure phare du programme Macron.

« Nous avons anesthésié nos compatriotes à force de parler comme des comptables », mais « il y a une addiction française à la dépense publique » dont il faut se « désintoxiquer », a-t-il fait valoir: « aucun ministère, aucun opérateur, aucune niche fiscale » ne seront « sanctuarisés ».

« Les contribuables ne seront pas la variable d’ajustement du budget », a-t-il assuré, en promettant que la « pression fiscale » baisserait d’un point de PIB d’ici 2022 et la dépense publique de trois points sur la même période.

Pour ne pas vider les caisses, l’allègement de l’impôt sur la fortune et la transformation du CICE en allègement de charges sont reportés en 2019. Objectif gouvernemental: une Sécurité sociale à l’équilibre « à l’horizon 2020 ».

D’autres promesses électorales du président se sont concrétisés en objectifs officiels: 2% du PIB consacrés à la Défense en 2025, suppression du régime social des indépendants (RSI), convergence diesel-essence, accès au très haut débit partout en France d’ici 2022…

– ‘Au ras des pâquerettes’ –

Déjà assuré du soutien de plus de 350 députés REM et MoDem, le Premier ministre, dont le discours marquait l’ouverture de la session extraordinaire du Parlement, peut avancer très sereinement vers le vote de confiance, prévu aux alentours de 18H30.

D’autres groupes pourraient voter pour ou s’abstenir, comme les Constructifs LR-UDI (35 députés), dont les deux tiers devraient s’abstenir et un tiers voter la confiance. Au total, le gouvernement Philippe pourrait donc obtenir une très large majorité, autour de 380 voix.

Premier opposant à lui répondre, le chef de file des députés LR, Christian Jacob, a reproché à ce Premier ministre venu de la droite d’avoir « contribué à la défaite » de ses « anciens collègues » avec sa nomination à Matignon.

« Nous serons le fer de lance d’une opposition solide sur ses convictions et ferme sur son socle de valeurs », a-t-il clamé.

Au sein des 100 députés du groupe LR, le rapport contre/abstention pourrait être cependant de « moitié-moitié », selon certains.

La France insoumise, avec ses 17 membres emmenés par Jean-Luc Mélenchon, devrait voter unanimement contre, comme les 11 élus communistes. Les huit députés FN voteront contre.

Dans la salle des Quatre-Colonnes, Marine Le Pen a jugé que ce discours était « au ras des pâquerettes », au lendemain du « show aérien » du chef de l’Etat.

« Cette politique va approfondir celle qui a été menée ces dernières années et qui tire toujours plus vers le libéralisme », a dénoncé le communiste Pierre Dharréville.

Le groupe Nouvelle Gauche (ex-PS, 31 députés) a choisi une position d’abstention, même si certains de ses membres pourraient voter pour ou contre.

« Quelle sera votre marque? La République en Marche se veut ambidextre, elle a été jusqu’ici ambiguë », a lancé le président du groupe Olivier Faure.

map-parl/mat/nm