Philips Lighting: la R&D à son tour visée par des réductions d’effectifs

PARIS, 12 juin 2017 (AFP) – Le groupe Philips va, « malgré ses promesses », délocaliser partiellement vers la Hongrie et la Chine les activités de recherche et développement de sa branche éclairage, après un premier plan prévoyant l’arrêt en 2017 de sa production, a-t-on appris lundi de sources syndicales.

« Y a-t-il un pilote dans l’avion », « les salariés se posent la question », écrit l’intersyndicale dans un communiqué, réclamant à la direction « une stratégie lisible » et « des engagements sur le devenir de l’entreprise ».

Selon les syndicats, ce nouveau plan social porte sur environ 80 postes: 30 postes de recherche du site de Miribel (Ain), soit un cinquième des effectifs, et 47 postes de commerciaux basés au siège à Suresnes (Hauts-de-Seine).

Il intervient « malgré les promesses du N°2 de Philips Lighting en novembre 2016 et la stratégie présentée en février 2017 », s’étonne l’intersyndicale.

Les postes de R&D supprimés concernent « l’éclairage intérieur », activité qui va être délocalisée « en Hongrie et en Chine », a précisé à l’AFP Pascal Kleine, délégué central CFE-CGC et secrétaire du comité central d’entreprise. « On ne comprend pas pourquoi cette délocalisation, ils cassent ce qui marche bien », s’indigne-t-il.

Cette restructuration, via des départs volontaires, s’ajoute au plan de 230 suppressions de postes négocié fin 2016, qui prévoit la fermeture en 2017 des deux dernières usines hexagonales, à Lamotte-Beuvron (Loir-et-Cher) et Miribel, où est également situé le centre de R&D.

A l’époque, la direction avait indiqué à l’AFP que cet « ajustement de l’organisation industrielle en France », pour délocaliser la production en Pologne et en Espagne, n’aurait « aucun impact sur les autres activités » et notamment « la recherche et développement ».

Contactée par l’AFP, l’entreprise n’a pas fait de commentaire.

Philips Lighting employait 36.000 salariés dans le monde en 2016, dont un millier en France avant ces réorganisations.

Depuis son introduction en Bourse en mai 2016, le géant néerlandais a réduit sa part dans la branche éclairage, désormais d’environ 40%. Il souhaite se désengager complètement de sa filiale pour se concentrer dans le domaine de la santé.

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