Plan pour l’emploi: rendez-vous des partenaires sociaux lundi à Matignon

PARIS, 8 janvier 2016 (AFP) – Après l’annonce par François Hollande d’un plan « d’urgence » pour l’emploi, Manuel Valls reçoit les principales organisations syndicales et patronales lundi, pour évoquer les futures mesures dont il est convaincu qu’elles feront baisser le chômage avant 2017.

500.000 formations supplémentaires pour les chômeurs, prime à l’embauche pour les TPE-PME, relance de l’apprentissage: le chef de l’État a décrété lors de ses voeux télévisés « l’état d’urgence » contre le chômage, dont il a jusque-là échoué à inverser la courbe et qui flirte avec les records (3,57 millions de chômeurs à fin novembre).

Il détaillera son plan le 18 janvier devant le Conseil économique, social et environnemental (Cese).

Pour préparer ce rendez-vous, le Premier ministre recevra lundi, tour à tour, les principaux leaders syndicaux et patronaux, avec la ministre du Travail, Myriam El Khomri.

Manuel Valls s’est dit « convaincu » que « le chômage baissera » d’ici à 2017 grâce à la « mobilisation de l’État, des régions et des partenaires sociaux » pour la formation et au retour de la croissance. François Hollande a fait d’une baisse du chômage la condition d’une candidature à un second mandat.

Première mesure annoncée, le plan de formation ciblera les moins qualifiés, pour qu’ils ne ratent pas le train de la croissance, attendue autour de 1,5% en 2016, a expliqué en début de semaine la ministre du Travail devant la presse.

En effet, le chômage concerne « les peu et pas qualifiés, avec deux millions de demandeurs d’emploi qui n’ont pas le bac », a rappelé Myriam El Khomri.

Les 500.000 formations – qui comprendront les 150.000 déjà annoncées en octobre – seront axées sur les secteurs d’avenir, liés à la transition numérique et énergétique, et sur les emplois non pourvus.

Manuel Valls pourrait donner des précisions sur le financement du plan, évalué à un milliard d’euros au total par Les Échos. Sans confirmer ce montant, la ministre a promis un « investissement financier » de l’État car « il ne s’agit pas de le faire financer par les seuls partenaires sociaux et régions ».

– Un apprentissage « plus souple » –

Le projet suscite la méfiance. Alain Juppé, candidat à la primaire de la droite et du centre pour 2017, juge l’objectif des 500.000 « hors de portée ».

Jean-Claude Mailly (FO) y voit un moyen de « faire baisser statistiquement le chômage » car les demandeurs d’emploi sans aucune activité, classés en catégorie A chez Pôle emploi, la plus commentée, basculent en catégorie D lorsqu’ils entrent en formation.

« A quoi bon former les chômeurs si on ne donne pas les moyens de créer de l’emploi? », s’est interrogé de son côté Pierre Gattaz. Le président du Medef a fustigé des « demi-mesures » et réclamé notamment un « dispositif +zéro charge+ sur les embauches des salariés dans les PME de moins de 250 salariés ».

Sur ce sujet, Matignon pourrait préciser l’annonce présidentielle. Les Échos ont évoqué une « prime forfaitaire de 1.000 à 2.000 euros sur les embauches de salariés peu qualifiés » dans les PME.

Plusieurs dispositifs d’aides existant déjà, l’enjeu est aussi de les rendre « lisibles », selon la ministre du Travail. Un « simulateur » d’aides sera ainsi mis en place au premier semestre.

Manuel Valls devrait aussi détailler les projets sur l’apprentissage. Mme El Khomri souhaite ouvrir aux apprentis certains titres professionnels validés par le ministère du Travail « qui correspondent à un besoin » des « branches professionnelles ». L’apprentissage ne donne aujourd’hui accès qu’aux diplômes de l’Éducation nationale.

La ministre a vanté un « système plus souple », permettant à des jeunes de commencer « en cours d’année » des formations plus courtes – « à peu près 800 heures, contre 1.200-1.400 dans certains diplômes » – et « parfois plus adaptées » aux entreprises.

Cette évolution n’a pas convaincu Jean-Pierre Crouzet, de l’UPA (artisans). « Nous avons besoin de jeunes qui sachent lire, écrire et compter », des formations de « huit mois, c’est beaucoup trop court », a-t-il estimé sur RTL.

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