Plan santé: bientôt des « super-secrétaires » à la rescousse des médecins

PARIS, 18 septembre 2018 (AFP) – A mi-chemin entre le secrétariat et les soins infirmiers, au moins 4.000 « assistants médicaux » ont été promis aux médecins libéraux qui accepteraient de travailler en groupe, afin de « libérer du temps médical » qu’ils consacreront à la prise en charge de davantage de patients.

« Les premiers arriveront dans les quartiers prioritaires pour l’accès aux soins et dans les zones sous-denses dès 2019 », a annoncé Emmanuel Macron mardi lors de la présentation de sa réforme du système de santé. « Nous en financerons autant que de besoin », a promis le chef de l’État.

La création de ce nouveau métier répond à une revendication de longue date des syndicats de médecins libéraux, la profession croulant selon elle sous les tâches administratives au détriment des soins aux patients.

A l’instar de ce qui existe chez les anglo-saxons, les nouvelles recrues ne se contenteront pas d’accueillir les patients ou de faciliter les prises de rendez-vous. Elles pourront également, par exemple, prendre la tension, la température, le poids du patient, remplir une partie de son dossier administratif, etc.

Les praticiens pourraient ainsi gagner « entre 15 et 20% de temps médical » a insisté M. Macron. Le déploiement de 4.000 assistants d’ici à 2020 correspondrait ainsi à 2.000 médecins supplémentaires, selon lui.

Le profil de ces assistants et les détails de leur formation restent à définir. Les secrétaires médicales, mais aussi les aides-soignantes désireuses d’évoluer dans leur carrière, selon la ministre de la Santé Agnès Buzyn, pourraient composer leurs rangs.

De quoi permettre aux médecins de se concentrer sur leur coeur de métier, à condition de respecter quelques contreparties.

Pour bénéficier du dispositif, les médecins devront ainsi exercer de manière regroupée, dans une structure (maisons ou centres de santé, cabinets de groupe) ou dans un réseau (équipe de soins primaires, communauté professionnelle territoriale de santé).

Et s’engager « sur des objectifs et des résultats », a prévenu M. Macron, citant la « prise en charge de nouveaux patients », le « raccourcissement des délais d’attente », les « actions de prévention » et les « consultations non programmées ».

Les libéraux devront notamment s’organiser pour recevoir des urgences non vitales jusqu’à 20H00 en semaine et le samedi matin, afin de soulager les urgences hospitalières.

Ces contreparties feront l’objet de négociations entre l’Assurance maladie et les organisations de professionnels de santé en fin d’année ou en début d’année prochaine, selon le directeur général de l’Assurance maladie, Nicolas Revel. C’est dans ce cadre que seront déterminées les missions des assistants médicaux et les modalités de leur financement.

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