Plan social chez Castorama: des salariés s’invitent à la première réunion de négociations

TEMPLEMARS, 24 avril 2019 (AFP) – Des salariés de Castorama se sont invités mercredi à Templemars (Nord) à la première réunion du plan social pour protester contre la fermeture d’une dizaine de magasins de bricolage et la suppression de près de 800 postes, selon des sources concordantes.

A l’appel de ces syndicats, une quarantaine de salariés s’étaient rassemblés devant le siège de Castorama, qui appartient au groupe britannique Kingfisher, où devait avoir lieu la réunion du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE).

« Des salariés se sont invités en début de réunion pour exprimer leur ressenti, leur détresse. La direction a quitté la salle », a rapporté à l’AFP Jean-Paul Gathier, délégué FO de Castorama. « Nous avons rendez-vous le 21 mai ».

Franck Gherbi, maire d’Hellemmes, commune associée de Lille, concerné par la fermeture d’un magasin, s’est également invité, selon des sources concordantes.

« Nous comprenons l’émotion suscitée par l’annonce du projet de fermeture de 11 magasins en difficulté structurelle », a déclaré dans une déclaration transmise à l’AFP Olivier Lurson, directeur des ressources humaines de Castorama et Brico-Dépôt en France.

« Nous tenons à rappeler notre engagement dans ce projet: proposer à chaque collaborateur concerné un poste équivalent au sein de Castorama ou Brico-Dépôt en France, avec un plan d’accompagnement ambitieux pour tous dans l’objectif d’un accès rapide à un nouvel emploi », a-t-il ajouté.

Jugeant leur rentabilité insuffisante, Kingfisher a annoncé fin mars la fermeture de plusieurs magasins en Europe. Dans le détail, 9 Castorama et 2 Brico Dépôt vont baisser le rideau en France entre octobre 2019 et novembre 2020. Ces fermetures concernent 789 salariés.

Selon les syndicats, les magasins Castorama concernés se situent à Lille, Paris et la région parisienne (Seine-et-Marne, Val-d’Oise, Essonne), ainsi qu’à Darnétal (Seine-Maritime) et Angers (Maine-et-Loire).

« La direction a une vision uniquement financière, qui conduit au malheur des gens », a déploré M. Gathier. « Ils ont préféré dilapider 400 millions d’euros en rachat d’actions plutôt que d’investir. »

« On ne comprend pas pourquoi ils vont sacrifier 800 personnes alors que la direction dit qu’il y a un +frémissement+ depuis le début de l’année », a ajouté Grégory Cipriano, délégué CGT.

Un premier PSE avait été validé en juin 2018. Un accord majoritaire syndicats-direction avait été signé à Castorama et Brico Dépôt, entérinant la suppression de 409 postes en France dans le cadre d’une délocalisation de services de comptabilité en Pologne. Tous les salariés devaient se voir proposer une offre de mobilité interne.

« J’étais gestionnaire administrative, j’ai pu retrouver un poste d’assistante commerciale en février dans le même magasin en région parisienne, j’ai eu de la chance, entre guillemets », a raconté à l’AFP Odette, 51 ans. « Sauf que depuis, on nous a annoncé que le magasin allait fermer, comme celui où travaille mon mari. C’est beaucoup de colère et de déception ».

Au total, le groupe britannique possède 224 magasins pour plus de 18.000 salariés en France.

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