Plus de deux millions de salariés travaillent dans l’ESS, selon une étude

PARIS, 2 novembre 2015 – Pour la première fois depuis 10 ans, le cap des deux millions de salariés en équivalent temps plein a été franchi dans l’économie sociale et solidaire (ESS), constate le Conseil national des chambres régionales de l’économie sociale (CNCRES) dans la quatrième édition de son « Panorama de l’ESS », publié fin octobre, à quelques jours du début du mois de l’ESS.

Ce document synthétise de nombreuses données, abordant autant les spécificités et les évolutions du champ de l’ESS, que la question des métiers et des salaires, de la qualité de vie au travail ou de l’ancrage territorial de l’ESS. En 2013, ce secteur rassemblait 2 370 301 salariés travaillant dans 221 325 établissements employeurs et « malgré une légère baisse en 2011 et 2012, l’emploi s’est maintenu et a même augmenté sur la période 2008–2013 » (+ 0,8 % contre – 0,2 % dans le reste de l’économie). La structure des emplois demeure stable, les associations étant les premiers employeurs de l’ESS (78 % des emplois), suivies des coopératives (13 %).

Développement des groupements d’employeurs

Par ailleurs, si le rythme de création d’entreprises semble se stabiliser ces dernières années dans le secteur (en moyenne 3 600 par an sur la période 1991–2011), « les groupements d’employeurs se sont particulièrement développés (plus de 2 000 créations entre 2002 et 2012), ainsi que les coopératives de production type SCOP [société coopérative de production], SCIC [Société coopérative d’intérêt collectif] et CAE [coopérative d’activités] avec près de 1 000 créations sur la même période » . Ce panorama rappelle également que « l’ESS est le premier employeur du secteur de l’action sociale à travers une grande diversité d’associations », les petites (moins de 10 salariés) développant essentiellement une activité d’accueil de jeunes enfants, les moyennes étant plutôt positionnées sur l’aide à domicile et les grandes – plus de 250 salariés – sur l’hébergement médico-social et social et l’aide par le travail.

Les emplois de l’ESS dans l’action sociale représente ainsi 60,9 % de l’ensemble des emplois de ce secteur d’activité et près de 40 % des effectifs de l’ESS. Les métiers exercés reflètent cette spécificité : parmi les plus courants, se retrouvent ainsi ceux d’aide à domicile, d’éducateur/trice spécialisé/e et d’animateur/trice socioculturel. S’agissant du profil des emplois, on y compte « globalement moins de CDI et moins de temps complet » que dans le reste de l’économie privée, notamment dans les associations, « bien que les écarts tendent à se réduire depuis 2008 ». Ainsi, près des trois quarts des salariés de l’ESS sont en CDI (73,4 %, soit + 3,8 points par rapport à 2008), et près des deux tiers sont à temps complet (62,5 %, soit + 1,3 points par rapport à 2008).

La moitié des salariés en CDI à plein temps

Par ailleurs, « près de la moitié des salariés de l’ESS (48 %) sont en CDI à temps complet, contre plus de 68 % dans le reste de l’économie privée : cette différence s’explique par la nature des métiers principalement exercés dans l’ESS, et particulièrement par le poids de l’aide à domicile, de l’enseignement culturel [et] du sport ». Et si l’ESS représente 10,5 % de l’emploi total, elle réunit près de 15 % de l’emploi des femmes en France, plus d’une salariée sur sept travaillant dans ce champ de l’économie.

La pyramide des âges a, elle, peu évolué depuis 2011, même si l’on « constate toutefois une légère baisse de la part des salariés de moins de 30 ans (- 0,4 points depuis 2011), et une légère hausse de celle des plus de 50 ans (+ 0,6 points) », le CNCRES rappelant à cet égard que « les départs à la retraite sont un enjeu très important pour les années à venir », en particulier chez les cadres de l’action sociale et chez les employés de l’aide à domicile et de l’accueil d’enfants handicapés.

Ancrage territorial fort

S’agissant des conditions de travail, les salariés de l’ESS les jugent, en majorité, de façon positive, comme ont pu le montrer des enquêtes récentes, comme celle de l’Agence pour l’emploi des cadres (Apec) en 2012 qui relevait que 70 % des cadres de l’ESS se disaient satisfaits de leur situation professionnelle ou le baromètre de la qualité de vie au travail dans l’ESS réalisé par Chorum

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