Pôle emploi: 800 postes en moins en 2019

PARIS, 24 septembre 2018 (AFP) – Le projet de budget 2019 prévoit la suppression de 800 postes chez l’opérateur public Pôle emploi, selon le ministère du Travail lundi.

Sur les 1.385 postes d’opérateurs de lÉtat de la mission Emploi supprimés, selon le projet de budget 2019, 800 concernent Pôle emploi et 550 l’Agence nationale pour la formation des adultes (Afpa), a-t-on appris lundi de même source.

Pour Pôle emploi, qui emploie environ 50.000 personnes, il s’agit de 800 emplois équivalent temps plein (ETP). En 2018, les effectifs de Pôle emploi avaient diminué de l’ordre « de 550-600 », a-t-on encore précisé.

Jusqu’à présent, le chiffre mentionné pour 2018 était de 297 postes, mais il s’agissait, selon le ministère, d’emplois équivalent temps plein annuel travaillé (ETPT), une notion budgétaire alors que les ETP correspondent à des effectifs physiques.

Cette baisse peut être atteinte par « des gains de productivité » et n’est « pas en rupture » avec celle des années précédentes, estime-t-on dans l’entourage de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. « C’est un point de départ » qui peut être discuté avec les partenaires sociaux et revu si la baisse du chômage prévue « ne se réalise pas », a-t-on ajouté.

Le chiffre de 4.000 suppressions de postes ces prochaines années a circulé au printemps mais Mme Pénicaud avait assuré que d’éventuelles coupes ne seraient « pas décidées a priori » mais seulement « s’il y a une décrue constatée » du taux de chômage.

La ministre avait d’ailleurs demandé à cette occasion à l’Inspection générale des Affaires sociales (Igas) de réfléchir à une « méthodologie robuste » permettant « d’indexer » d’éventuelles baisses d’effectifs de Pôle emploi sur celle du chômage. Ses conclusions devraient être publiées dans la première quinzaine d’octobre.

L’Afpa, en difficultés financières depuis des années, voit elle aussi ses effectifs baisser, à hauteur de 550 ETP contre 396 en 2018.

Au total, le budget du ministère du Travail s’inscrit en baisse de près de deux milliards d’euros à 13,1 milliards (périmètre constant) contre 15,2 milliards d’euros en 2018. Cette baisse avait été annoncée dès l’année dernière.

Au titre des diminutions: près de un milliard dû à la disparition du dispositif de la prime à l’embauche dans les PME et 850 millions en moins pour les contrats aidés.

Environ 130.000 parcours emploi compétences (PEC, nouvelle version des contrats aidés) ont été budgétés pour 2019, dont 30.000 pour l’Education nationale, contre 200.000 en 2018.

Mais « autour de 140.000 PEC » seulement devraient être conclus en 2018, une sous-consommation liée à « un basculement vers un dispositif plus qualifiant et plus contraignant pour les employeurs » selon cette source.

Parmi les postes qui augmentent: « la montée en charge du plan investissement compétences » (PIC), le financement de 100.000 garanties jeunes ou encore de 10.000 postes d’insertion par l’activité économique.

« Nous faisons le choix d’un budget cohérent avec notre politique, qui ne subventionne pas l’emploi mais investit dans les compétences et l’insertion des plus vulnérables », a déclaré Muriel Pénicaud dans un communiqué.

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