Pôle emploi condamné pour « harcèlement moral » en Haute-Normandie

PARIS, 22 janvier 2016 (AFP) – L’ex-direction régionale de Pôle emploi en Haute-Normandie a été condamnée à 20.000 euros de dommages et intérêts pour « harcèlement moral » envers une salariée de l’agence de Petit-Quevilly, selon un jugement prud’homal consulté vendredi par l’AFP.

Pôle emploi Haute-Normandie est condamné pour avoir tardé à « prendre les mesures nécessaires pour mettre fin » à une « situation conflictuelle » au sein de l’agence de Petit-Quevilly (Seine-Maritime), « signalée de nombreuses fois » par la plaignante, peut-on lire sur le document en date du 14 janvier.

La direction de la nouvelle région Normandie « vient de prendre connaissance du jugement des prud’hommes, elle va prendre le temps d’en faire une analyse », a réagi Pôle emploi, interrogé par l’AFP.

Selon le jugement, la salariée, alors responsable d’équipe professionnelle, a signalé dès le 31 mars 2011 à son supérieur « les difficultés auxquelles elle (était) confrontée ». Elle a « réitéré ses signalements » en juin et juillet 2011.

« Tout au long de l’année 2012, il existe un échange important de mails entre elle et (son supérieur) démontrant les tensions au sein de l’équipe de l’agence de Petit-Quevilly », poursuit le jugement.

L’information est remontée en octobre 2012 au directeur régional de Haute-Normandie, mais rien n’a été fait « pour mettre fin à cette situation ».

Entre temps, la salariée a saisi la Direction du Travail, se disant victime de « comportements hostiles permanents ». Cela a débouché sur une enquête qui a conclu que cette ambiance délétère « a été source de mal-être, voire de souffrance » chez la plaignante et qu' »aucune mesure concrète n’a été prise pour y remédier ».

Le supérieur et le directeur régional n’ont finalement été remplacés qu’après que la plaignante eut été victime le 3 janvier 2013 « d’une chute dans un escalier à sa sortie d’un entretien dans le bureau » de son supérieur, événement qui a été « reconnu comme un accident du travail ».

Le conseil de prud’hommes de Rouen a aussi condamné Pôle emploi Haute-Normandie à 5.000 euros de dommages et intérêts pour « manquement à l’obligation de sécurité » et à 2.500 euros de frais de justice.

La salariée « n’a pas repris ses fonctions » depuis son accident.

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