Pôle emploi: le médiateur a reçu plus de plaintes en 2018

PARIS, 12 mars 2019 (AFP) – Après une baisse en 2017, le nombre de plaintes adressées au médiateur de Pôle emploi est reparti à la hausse en 2018 (+3,6%), selon le rapport annuel de l’instance de recours publié mercredi.

Le nombre de plaintes s’élève en effet à 31.605 en 2018 après 30.472 l’année précédente, pour une année qui a compté 6,5 millions d’inscriptions à Pôle emploi.

Le nombre de demandes d’allocations continue de diminuer: 8,36 millions de demandes d’allocations après 9,9 millions en 2017 et 10,8 millions en 2016.

Les plaintes concernant le droit à l’indemnisation sont toujours le premier motif. Elles sont en augmentation, passant de 29 à 35%, tandis que celles liées à la formation diminuent, passant de 12% à 10%. Les « trop perçus » représentent 19% des saisines.

Les saisines liées aux « mesures et aides se concentrent essentiellement sur les aides à la mobilité », relève le rapport de Jean-Louis Walter, médiateur de l’opérateur public.

Dans 39% des cas, la décision prise initialement est maintenue (36% en 2017).

Le médiateur se satisfait, comme il l’avait recommandé en 2015, que Pôle emploi se soit « engagé dans une véritable culture de la réclamation ».

Le texte pointe cependant le problème de l’information erronée qui « revient régulièrement dans les réclamations reçues par les médiateurs ».

A titre d’exemple, il est indiqué dans les questions fréquentes que l’on peut s’inscrire en l’absence d’attestation employeur mais « la page de préambule à l’inscription du site de Pôle emploi cultive involontairement l’ambiguïté, en incluant l’attestation employeur dans la procédure, sans indiquer que son absence ne bloque pas l’inscription ».

S’agissant des « tout petits contrats », le médiateur rappelle que la convention d’assurance chômage entrée en vigueur à l’automne 2017 a mis en place une règle pour éviter que « les allocations versées aux personnes ayant connu une succession de contrats très courts soient plus avantageuses que celles versées dans le cas d’un seul contrat long ».

Mais, relève-t-il, avec le nouveau mode de calcul, le résultat peut « dans certains cas, conduire à une baisse significative du droit chez une population travaillant déjà dans un contexte précaire ».

Il prend l’exemple d’une enquêtrice vacataire, qui à rémunération et rythme de travail identique, est passée d’une allocation nette de 45 euros à 31 euros par jour.

Le gouvernement planche sur une révision des règles d’assurance chômage, visant notamment à « inciter au retour à l’emploi », à la « lutte contre la précarité », et à désendetter l’Unédic.

dec/cel/nm