Pôle emploi publie les « portefeuilles » de ses conseillers

PARIS, 22 janvier 2016 (AFP) – Pôle emploi a publié vendredi les nombres moyens de demandeurs d’emploi par conseiller, des « portefeuilles » qui, avec la hausse du chômage, sont souvent supérieurs aux effectifs maximum théoriques, avec de fortes disparités géographiques.

Avec la conjoncture, chaque conseiller doit « mécaniquement » accompagner un nombre toujours croissant de demandeurs d’emploi, mais l’opérateur assure que sa nouvelle organisation permet aux agents de leur consacrer « plus de temps ».

Depuis 2013, les demandeurs d’emploi bénéficient d’un accompagnement différencié selon leurs besoins: « renforcé » pour les plus en difficulté, « guidé » pour la catégorie intermédiaire et « suivi » pour les plus indépendants.

En principe, les conseillers suivent 70 demandeurs d’emploi maximum dans un portefeuille « renforcé », entre 100 et 150 dans un portefeuille « guidé » et entre 200 et 350 dans un portefeuille « suivi ».

Mais dans les faits, au 1er janvier 2016, seulement 49% des agences respectent la fourchette théorique pour les « portefeuilles renforcés », 44% pour les « portefeuilles guidés » et 76% pour les « portefeuilles suivis ».

Dans certaines agences, les « portefeuilles » explosent.

A La Tour-du-Pin (Isère), les conseillers en charge du « suivi » des demandeurs d’emploi les plus autonomes s’occupent en moyenne de 1.125 personnes. Dans cette agence, le taux de satisfaction des demandeurs d’emploi (58%) est très en-dessous de la moyenne nationale (65%).

A l’inverse, dans 143 agences, les « portefeuilles suivis » contiennent moins de 200 personnes en moyenne.

En accompagnement « renforcé », les portefeuilles sont plus maîtrisés. Seulement 22 des 858 agences dépassent le seuil de 100 demandeurs d’emploi par conseiller. C’est à l’agence de Ham (Somme) que ces « portefeuilles » sont les plus gros: 137 personnes en moyenne.

Avec la hausse du chômage et le redéploiement de 4.000 conseillers (sur plus de 22.000) vers la relation avec les entreprises, les portefeuilles ont augmenté « mécaniquement », a reconnu jeudi le directeur général de Pôle emploi Jean Bassères. Mais selon lui, « la taille des portefeuilles ne veut rien dire ».

Les conseillers étant délestés d’une partie de leurs tâches annexes (entreprises, contrôle des chômeurs…), ils ont « plus de temps » à accorder aux demandeurs d’emploi.

Pour accroître encore davantage le temps consacré à l’accompagnement, Pôle emploi est en train de déployer un nouveau parcours des demandeurs d’emploi: inscription et demande d’indemnisation en ligne, premier rendez-vous consacré au diagnostic, conseiller référent plus accessible.

L’opérateur a aussi modifié l’ouverture de ses agences au public. Plusieurs après-midis par semaine sont désormais réservés aux entretiens sur rendez-vous.

jah/shu/aro