Port d’une barbe trop longue à Orly: les prud’hommes renvoient l’affaire au fond

BOBIGNY, 22 juin 2016 (AFP) – Saisi par quatre ex-agents de sûreté de l’aéroport d’Orly, qui avaient été licenciés par leur employeur Securitas au motif que leur barbe était trop longue, le conseil des prud’hommes de Bobigny a renvoyé l’affaire au fond, a-t-on appris mercredi auprès de leur avocat.

« Le conseil considère qu’il n’y a pas lieu à référé » et l’affaire sera donc examinée au fond le 11 mai 2017, a indiqué à l’AFP Me Eric Moutet.

Licenciés pour « faute grave » entre janvier et avril, les ex-salariés avaient saisi la justice pour obtenir des rappels de salaire et 5.000 euros à titre de provisions sur dommage-intérêts.

Securitas Transport Aviation Security (STAS), filiale du numéro un européen des services de sécurité, avait justifié sa décision par leur refus de se conformer au « référentiel vestimentaire » en vigueur dans cette entreprise assurant une mission de service public, après un rappel à l’ordre qui était intervenu quelques jours après les attentats du 13 novembre 2015.

Ce référentiel stipulait notamment que les « barbes, boucs ou moustaches » devaient être « courts, taillés, soignés et entretenus » et l’entreprise jugeait que ce n’était pas le cas de ces quatre agents, qui avaient entre 9 et 10 ans d’ancienneté.

Lors de l’audience début avril, Me Moutet avait fait valoir que ces licenciements, décidés dans un contexte de « peur » lié aux attentats, relevaient d’une « discrimination liée à la pratique religieuse » et étaient de surcroît entachés de subjectivité.

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