Pour la CGT, le mariage raté entre Orange et Bouygues Telecom n’est « pas une mauvaise nouvelle »

PARIS, 2 avril 2016 (AFP) – Les syndicats CFDT de Bouygues Telecom et d’Orange ont regretté samedi l’échec des négociations en vue du rapprochement entre les opérateurs, y voyant une « opportunité ratée qui augmente les risques sur l’emploi », mais pour la CGT, cette issue « n’est pas une mauvaise nouvelle ».

« Dans un contexte d’un besoin encore accru d’investissements importants et nécessaires dans le haut débit fixe et mobile, l’échec de ces négociations met un coup d’arrêt durable à une recomposition pourtant inévitable du secteur des télécoms en France », écrivent les deux syndicats dans un communiqué de leur fédération, la CFDT communication-conseil-culture (F3C).

La CFDT considère l’échec de l’opération comme une « opportunité ratée » qui « augmente les risques pour l’emploi dans le secteur et risque de diminuer les capacités d’investissement de l’ensemble des acteurs ».

Pour la CFDT de Bouygues, le rapprochement « aurait pu être une opportunité pour reclasser l’ensemble des salariés Bouygues Telecom chez Orange en stabilisant le secteur et en garantissant le maintien durable des emplois », souligne la fédération, qui ajoute: « les salariés de Bouygues Telecom n’ont maintenant plus qu’un seul choix: la stratégie +stand alone+ (en solitaire, NDLR) ».

Chez Orange, l’alliance « aurait pu être créatrice de valeur », « garante des enjeux d’investissement » et « socialement exemplaire », pour au final « mieux affronter demain la consolidation du secteur en Europe », poursuit la CFDT.

La fédération FO de la communication estime elle aussi que le secteur ne « prospèrera pas avec quatre acteurs majeurs ». « La question de la consolidation reste ouverte et si elle ne trouve pas de solution, il y aura des morts. Et des salariés sur le carreau », écrit dans un communiqué FO, qui « appelle le ministre de l’Economie » à mettre en oeuvre « une véritable politique publique des télécommunications organisée autour de l’opérateur public ».

Pour la fédération CGT de la communication, au contraire, l’échec des négociations « ne constitue pas une mauvaise nouvelle » car « il s’agissait avant tout d’une opération financière visant à une prise de contrôle capitalistique pour des intérêts particuliers ».

Elle estime que les « 10 milliards prévus dans l’opération doivent servir l’investissement et l’emploi ».

Sud PTT a également fait part dans un communiqué de ses « inquiétudes » pour l’avenir du secteur après cet échec, même s’il craignait les « conséquences pour l’emploi » d’un mariage avec les risques de « doublons ».

Selon Sud, « l’avenir ne doit pas se réduire à quelques arrangements entre représentants d’une oligarchie financière », et « l’urgence sociale mérite que l’Etat soit le garant de l’avenir des investissements dans l’intérêt du public ».

Orange et Bouygues ont annoncé vendredi la « fin des discussions » pour le rachat de la filiale télécoms du groupe industriel par l’opérateur historique, en expliquant qu’un « accord en vue d’un rapprochement n’a pu être trouvé ».

juc/jg/bir