Pour le syndicat SNPL, l’essor de Transavia France possible en Europe, sous condition

PARIS, 10 décembre 2015 (AFP) – Le premier syndicat de pilotes d’Air France, le SNPL, n’est pas fermé au développement en Europe de la filiale low cost Transavia France, objet d’une grève dure l’an passé, à condition notamment de préserver l’emploi dans l’Hexagone, a-t-il indiqué jeudi à l’AFP à l’issue d’une réunion.

Le Conseil du SNPL Air France, sorte de Parlement du syndicat, a fait le point sur les « problématiques Transavia », du nom de la compagnie low cost d’Air France-KLM, présente en France et aux Pays-Bas.

En septembre 2014, les pilotes d’Air France avaient mené une grève historique de deux semaines en partie motivée par le projet d’une filiale continentale, Transavia Europe, avec des personnels sous contrats locaux.

Abandonné, le projet a refait surface en novembre dernier sous le nom de Transavia Périphérique. Air France-KLM a annoncé l’ouverture prochaine d’une base à Munich, sous l’égide de Transavia Holland.

Mais l’accord passé pour cette base, entre le syndicat de pilotes néerlandais VNV et la compagnie, présente « un certain nombre de défauts », notamment parce qu’il permet de « recourir à 20% de personnel par le biais de +brokers+, des contrats de très courte durée », ce qui n’est « pas défendable », a expliqué à l’AFP Véronique Damon, secrétaire générale du SNPL Air France.

Le syndicat est « prêt à envisager le développement de Transavia France en Europe » sur le modèle prévu par Transavia Holland en Allemagne , mais il y a « un certain nombre de principes que nous souhaitons défendre », a-t-elle constaté.

La déléguée a notamment énuméré « l’emploi pilotes en France », le refus du système de brokers et « la défense du marché naturel de Transavia France » et du groupe Air France.

Un groupe de travail a été mis en place avec la direction, parallèlement aux discussions menées sur le plan Perform, qui a fortement détérioré les relations entre les deux parties depuis plusieurs mois.

« La négociation sur les conditions du développement de Transavia Périphérique sera déterminante dans la capacité à trouver un accord sur Perform », poursuit Mme Damon.

L’ouverture d’une base à Munich, avec du personnel allemand principalement, répond à l’ambition de « capter de nouvelles opportunités de croissance sur le marché low cost européen », « l’un des piliers » du plan Perform, avait indiqué le groupe Air France-KLM fin novembre.

Air France et ses syndicats de pilotes ont échoué à s’entendre sur un plan prévoyant notamment que le personnel vole une centaine d’heures de plus par an, à rémunération constante. En conséquence, la compagnie a opté pour un « plan B » de réduction d’activité menaçant jusqu’à 3.000 emplois.

L’objet des discussions actuelles est de limiter la portée de la restructuration à un millier d’emplois supprimés en 2016.

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