Pour Macron, la France ne pourra pas « faire l’économie » d’une réforme des retraites

PARIS, 14 juillet 2020 (AFP) – Emmanuel Macron a estimé mardi que la France ne pourrait pas faire « l’économie d’une réforme » de son système de retraites, mais reconnu que le projet du gouvernement ne pourrait pas être maintenu tel que conçu avant la crise sanitaire.

« Nous ne ferons pas l’économie d’une réforme de notre système de retraite pour qu’il soit viable », a assuré le chef de l’État dans un entretien télévisé à l’occasion du 14 juillet, disant vouloir « regarder » la réalité « en face ».

Tout en reconnaissant que « la priorité de cet été, de la rentrée prochaine, c’est l’emploi », il a expliqué sa volonté de remettre la réforme « à la discussion et à la concertation ».

« Dire +on fait comme s’il n’y avait pas de problème+, c’est dire +je sacrifie le patrimoine de ceux qui n’en ont pas+, c’est de dire +je prends le risque de ne pas pouvoir payer les retraites demain+ », a-t-il justifié.

Le chef de l’État a cependant estimé que la réforme des retraites, suspendue « sine die » mi-mars après son vote en première lecture à l’Assemblée nationale, via la procédure du 49-3, ne pouvait être maintenue en l’état.

« Je pense que cette réforme est juste car elle est faite pour celles et ceux qu’on a appelés les +premiers de corvée+ » mais « elle ne peut pas se faire comme elle était emmanchée avant la crise du Covid », a jugé le chef de l’État.

M. Macron a jugé nécessaire de distinguer la réforme « systémique », qui était le coeur du projet initial de transformation en un système universel de retraite par points, et « l’aspect financier » du régime des retraites, dit « paramétrique », que les syndicats refusent en bloc d’examiner dans l’immédiat.

Selon les estimations dévoilées mi-juin par le Conseil d’orientation des retraites, le déficit du système de retraites devrait approcher cette année le niveau record de 30 milliards d’euros.

Ce niveau, largement supérieur aux 4 milliards de déficit attendus avant la crise, a poussé le gouvernement ces derniers jours à remettre le sujet sur la table, malgré l’opposition unanime des syndicats.

Interrogé sur une possible augmentation du nombre de trimestres travaillés pour résorber ce déficit, M. Macron a indiqué avoir « déjà montré » son « ouverture sur tous ces sujets », tout en refusant à ce stade de se prononcer.

« Le Premier ministre Jean Castex va réunir en fin de semaine, vendredi, l’ensemble des partenaires sociaux pour tout mettre sur la table », parallèlement aux questions de « santé » et de « dépendance », a-t-il expliqué.

Le président n’a pas précisé si une réforme des régimes de retraites serait bel et bien adoptée d’ici la fin du quinquennat, jugeant nécessaire de définir un « calendrier pertinent ».

« Je vais être clair: la priorité de cet été, de la rentrée prochaine c’est l’emploi », a-t-il prévenu.

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