Pour réaliser ses objectifs de développement, le service civique doit « changer d’échelle »

PARIS, 22 juin 2016 (AFP) – Toujours quatre fois plus de demandes que de missions disponibles: le service civique doit « changer d’échelle » s’il veut atteindre les ambitieux objectifs de développement fixés par François Hollande et c’est le travail de son nouveau patron, Yannick Blanc, successeur de François Chérèque à ce poste.

Début 2016, le chef de l’État a affirmé que « d’ici trois ans, le service civique devra(it) accueillir la moitié d’une classe d’âge, près de 350.000 jeunes par an ».

Ce dispositif, qui permet aux 16-25 ans (30 ans pour les jeunes handicapés) d’effectuer une mission d’intérêt général de six à douze mois, indemnisée 573 euros nets par mois, a été créé en 2010 pour favoriser l’engagement citoyen et le brassage social. Une vocation mise en lumière après les attentats qui ont frappé la France en 2015.

« Le potentiel d’engagement de la jeunesse, et d’ailleurs de l’ensemble de nos concitoyens, est considérable », a estimé Yannick Blanc, nouveau président de l’Agence du service civique, mercredi lors d’une matinée d’information destinée aux associations. « Aujourd’hui, il y a encore environ quatre fois plus de jeunes candidats que d’offres de missions », avec « environ 200.000 demandes sur le site internet de l’Agence ».

En 2015, le service civique a accueilli 53.000 jeunes, moins que l’objectif de 70.000, mais beaucoup plus que les 35.000 de 2014, selon la directrice générale de l’Agence, Hélène Paoletti.

Cette année, 110.000 missions doivent être proposées. « On est à 45.000 sur le premier semestre, donc on tient le bon bout », a estimé M. Blanc auprès de l’AFP, soulignant que les missions, qui durent « 8 ou 9 mois en moyenne, commencent souvent en septembre-octobre ».

« Pour passer aux 350.000, il faudra imaginer, entre partenaires associatifs et avec les collectivités territoriales, des projets communs de développement », avec de nouvelles missions d’intérêt général, liées par exemple à la prévention, la santé ou l’environnement, a-t-il estimé.

Des exemples ont été donnés par l’association Coallia (hébergement social). Certains jeunes en service civique font de la « sensibilisation auprès de nos résidents sur des gestes éco-citoyens: utiliser l’eau, cuisiner en économisant l’énergie », a souligné une responsable, Marie Pastor. « D’autres font des actions de lutte contre l’isolement. »

– ‘Stratégie de proximité’ –

L’agence doit trouver des missions porteuses de sens, et qui ne se substituent pas à des emplois. « Le jeune volontaire n’est pas un salarié, pas un apprenti, pas un stagiaire », a souligné M. Blanc.

Le développement visé constitue « un changement d’échelle qui va nous obliger à repenser assez largement notre stratégie », estime-t-il.

Alors que la montée en charge de 2015 et 2016 s’appuie sur « la mobilisation de grands opérateurs » (grands réseaux associatifs et services publics, avec des programmes développés par plusieurs ministères), il va falloir « une stratégie de proximité, de mobilisation du terrain, d’accompagnement, de soutien aux petites structures associatives et aux communes », estime-t-il. « Le secret de la réussite du service civique universel, c’est l’alliance entre les communes et les associations. »

Alors que les associations ont longtemps accueilli 85% des jeunes en service civique, cette proportion a diminué en 2015 à 73%, selon Mme Paoletti. Parallèlement, la place des opérateurs publics s’est accrue, notamment l’Éducation nationale (devenue en 2015 premier organisme d’accueil avec 4.600 missions), Pôle Emploi et le ministère de l’Intérieur.

La part des collectivités territoriales reste faible, avec 6% de jeunes accueillis.

M. Blanc, qui a également été nommé Haut-commissaire à l’engagement civique, doit par ailleurs réfléchir à une évolution de la « Journée Défense et Citoyenneté », car François Hollande a demandé que soit étudié un allongement « jusqu’à une semaine ».

« On se heurte très vite à des problèmes de coût », a souligné M. Blanc auprès de l’AFP. De 100 millions d’euros actuellement, le coût « frise le milliard » pour plusieurs jours avec hébergement.

Il doit travailler sur ce sujet avec le ministère de la Défense. « Nous proposerons plusieurs sc