Poursuite de la grève à l’hôpital psychiatrique du Havre

ROUEN, 19 juin 2018 (AFP) – Les agents de l’hôpital psychiatrique Pierre Janet du Havre ont voté mardi en assemblée générale la poursuite de la grève entamée samedi dernier aux urgences psychiatriques, a-t-on appris de source syndicale.

« Il n’est plus possible de travailler dans ces conditions. Chaque jour, nous accueillons entre 30 et 35 patients en plus de nos capacités. Nous sommes contraints d’installer des personnes sur des matelas par terre, de laisser des gens manger sur leurs genoux faute de place », a expliqué Jennifer Bouder, déléguée syndicale CGT, à un correspondant de l’AFP.

Entamée samedi aux urgences, la grève s’est étendue lundi au niveau du pôle psychiatrie et santé mentale du groupement hospitalier.

Ni la direction de l’hôpital, ni l’agence régionale de santé de Normandie n’étaient disponibles dans l’immédiat. Le groupement hospitalier du Havre a simplement indiqué que le taux de gréviste s’établissait lundi « à 2% pour un effectif total d’environ 720 équivalents temps plein en psychiatrie ».

L’intersyndicale CGT, Sud et CFDT a annoncé « des actions dans les jours à venir » tandis qu’elle a acté le boycott des instances officielles, à savoir le CHSCT, le conseil d’administration, le conseil de surveillance, ou encore le comité technique d’établissement (CTE).

Les syndicats réclament l’ouverture d’une nouvelle unité d’hospitalisation et la création de 50 postes, l’arrêt de la polyvalence des agents et la titularisation des personnels aux statuts précaires. Lundi, une centaine de manifestants, selon la CGT, s’était rassemblée devant l’assemblée plénière du conseil régional de Normandie. Une délégation avait été reçue par Hervé Morin, président de la région.

Dans la soirée, une soixantaine d’agents ont aussi perturbé la réunion du conseil municipal du Havre afin d’y prononcer une déclaration, d’après la CGT.

« Nous demandons aux élus de relayer notre message et notre détresse auprès de l’agence régionale de santé », a expliqué Jennifer Bouder ajoutant que la situation à Pierre Janet était « pire que celle observée au centre hospitalier du Rouvray ».

Cet hôpital psychiatrique de la banlieue de Rouen a été tout récemment touché par une longue grève de la faim pour obtenir des moyens humains supplémentaires. Le mouvement s’est terminé le 8 juin avec la création de 30 postes.

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