Prime pour les aides-soignants dans les Ehpad: FO dénonce un « mensonge d’Etat »

PARIS, 30 janvier 2019 (AFP) – Le secrétaire général de FO-Santé, Denis Basset, a dénoncé mercredi le « mensonge d’Etat » de la ministre Agnès Buzyn, qui avait assuré début janvier que les aides-soignants des maisons de retraite publiques toucheraient une prime en 2019.

La ministre de la Santé avait déclaré, le 9 janvier sur BFMTV et RMC qu’elle travaillait à « une prime pour les aides-soignants dans les Ehpad », les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, où la « pénibilité » du travail devait être « reconnue ». Elle avait alors souligné que cette décision avait été prise avant la crise des « gilets jaunes », dans un contexte de multiplication des annonces de primes ciblées pour certaines catégories de fonctionnaires, notamment chez les forces de l’ordre.

Pour Denis Basset, cela a « donné des faux espoirs à des gens qui sont déjà dans l’attente depuis longtemps ». Car lorsque le syndicat a contacté le ministère pour avoir des précisions sur ces primes, « la réponse a été +vous avez mal compris+ », s’insurge-t-il.

« La ministre annonce une prime pour les aides-soignants, qui est le métier pivot dans ces établissements, pour nous dire quelques jours après (…) que ce serait assujetti à des formations complémentaires et que ce ne serait pas l’ensemble des aides-soignants qui pourrait avoir droit à cette prime, mais quelques-uns, selon des conditions particulières », a dénoncé M. Basset auprès de l’AFP, en marge d’une conférence de presse sur le mouvement de grève initié par FO-Fonction publique du 3 au 10 février.

« C’est une faute politique. On n’annonce pas une prime quand on n’a pas l’assurance » qu’on pourra la donner, a-t-il ajouté, rappelant que les aides-soignants représentent 100.000 personnes dans les Ehpad publics.

La dénonciation de FO-Santé intervient dans un climat lourd au sein des Ehpad, où des mobilisations inédites ont eu lieu début 2018 et pour lesquelles l’intersyndicale a appelé à « convoquer mille réunions ».

« S’il n’y a aucune réponse sur ces secteurs-là », juge M. Basset, « il va y avoir un ré-enclenchement d’un mouvement de grève ».

Sollicité par l’AFP, le ministère de la Santé n’a pas réagi dans l’immédiat.

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