Prisons: des syndicats de surveillants appellent à des « actions » pour une évolution de leur statut

PARIS, 28 janvier 2019 (AFP) – Une « entente » syndicale formée autour de FO, premier syndicat chez les surveillants pénitentiaires, a appelé lundi à la mobilisation pour obtenir une évolution statutaire, avec notamment des « actions » devant les prisons franciliennes de Fresnes et Fleury-Mérogis en fin de semaine.

Ces organisations – dont FO et la CGT mais pas l’Ufap-Unsa – réclament le passage des surveillants de la catégorie C de la fonction publique à la catégorie B, et le passage à la catégorie A pour les officiers.

Une évolution statutaire refusée par la garde des Sceaux Nicole Belloubet car elle « aurait pour effet d’interdire le recrutement de personnes n’ayant pas le baccalauréat », le passage en catégorie B impliquant l’obligation de recruter au niveau bac.

Actuellement, « 36% » des surveillants embauchés ne sont pas titulaires de ce diplôme, avait précisé la ministre la semaine dernière. Selon elle, « il n’est pas possible de renoncer à un tiers du vivier de recrutement dans une période où il faut recruter massivement pour compenser les départs à la retraite, combler les vacances de poste et armer les 15.000 nouvelles places (de prison, NDLR) annoncées dans le cadre de la loi de programmation et de réforme de la justice ».

Pour Emmanuel Baudin, secrétaire général de FO-Pénitentiaire, « l’argument de la ministre ne tient pas. Il existe des équivalences qui pourraient permettre de recruter ces agents n’ayant pas eu le bac ».

Selon lui, « il y a eu 57 agressions de surveillants depuis le 1er janvier. La sécurité, c’est plus de personnel. Et si on veut embaucher, il faut revaloriser ce métier ».

Les surveillants sont appelés à « bloquer les tribunaux et institutions judiciaires » et à se rassembler samedi devant l’ensemble des établissements pénitentiaires pour décider d’actions locales.

Cet appel à la mobilisation intervient un an après un mouvement de protestation sans précédent depuis un quart de siècle, qui avait paralysé pendant près de trois semaines les prisons françaises.

Le conflit avait pris fin après la signature par l’Ufap-Unsa, alors principal syndicat de gardiens de prison, d’un accord avec la Chancellerie. Le rapport de force a changé depuis: FO est devenu le premier syndicat, avec 35%, suivi de l’Ufap-Unsa (33%) et de la CGT (13,5%).

A la suite du mouvement de janvier 2018, le gouvernement avait annoncé des mesures pour améliorer la gestion des détenus radicalisés et renforcer la sécurité des agents, ainsi que la création de 1.100 emplois supplémentaires et une enveloppe de 30 millions d’euros pour les indemnités, soit une augmentation de 1.150 euros par agent et par an.

Quelque 2.000 agents avaient été sanctionnés à des jours de mise à pied avec sursis.

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