Procès France Télécom : les prévenus et les peines qu’ils encourent

PARIS, 18 décembre 2019 (AFP) – Le PDG, le numéro 2, le DRH et quatre autres responsables: au procès de France Télécom, c’est l’ancienne direction de l’une des plus grandes entreprises françaises qui a comparu pour un harcèlement moral institutionnel, une première pour une entreprise du CAC 40.

– France Télécom

France Télécom, devenue Orange en 2013, est la première entreprise du CAC 40 à comparaître pour « harcèlement moral ». A l’audience en juillet, le parquet avait demandé la peine maximale encourue: 75.000 euros d’amende. « Les peines prévues par la loi à l’époque des faits sont très faibles. On ne peut que demander le maximum », avait dit la procureure.

Au centre du procès, un harcèlement moral institutionnel, différent des cas classiques où le lien est direct entre l’auteur présumé et sa victime. Le tribunal a jugé des faits remontant à la période 2007-2010, alors que France Télécom était en pleine transformation, avec les plans NExT et Act qui prévoyaient notamment 22.000 départs sur 120.000 salariés.

– Les trois ex-dirigeants

Le parquet a requis contre eux également la peine maximale: un an d’emprisonnement et 15.000 euros d’amende.

L’ex-PDG Didier Lombard, en poste de 2005 à 2010, a incarné cette crise traversée par France Télécom. Alors que l’entreprise faisait la Une des médias en 2009 après plusieurs suicides de salariés, il avait parlé d’une « mode des suicides ». « Je ferai les départs d’une façon ou d’une autre par la fenêtre ou par la porte », avait-il également affirmé en 2006, devant des cadres. C’était « une phrase idiote », « une gaffe », a-t-il regretté lors du procès.

Louis-Pierre Wenès était lui le numéro 2 de l’entreprise, le directeur d’Opération France et de ses 80.000 employés. Cet homme froid et craint dans l’entreprise passait pour le « cost killer ». « Je n’ai pas été parfait, mais je n’ai jamais fait ce pourquoi j’ai été mis en examen », a-t-il dit lors du procès. Il a quitté l’entreprise en octobre 2009, au pic de la crise.

Olivier Barberot était le responsable des ressources humaines. « Je trouve scandaleux qu’on puisse imaginer qu’on ait mis en place une politique pour déstabiliser les collaborateurs », s’est-il défendu.

– Les « complices »

Quatre autres responsables, qui avaient notamment des responsabilités territoriales et à la direction des ressources humaines, sont poursuivis pour « complicité de harcèlement moral ». Ils encourent la même peine que les ex-dirigeants, mais le parquet a requis contre eux huit mois d’emprisonnement et 10.000 euros d’amende.

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