Procès France Télécom: « une grande victoire » pour les syndicats

PARIS, 20 décembre 2019 (AFP) – La condamnation vendredi de France Télécom et de ses principaux dirigeants pour harcèlement moral institutionnel en 2007 et 2008 est « une grande victoire » et une « reconnaissance nette des préjudices subis », a réagi vendredi auprès de l’AFP Patrick Ackermann, de SUD, premier syndicat à avoir porté plainte.

« Nos pensées vont en priorité aux collègues qui se sont suicidés et à leurs familles », a pour sa part déclaré à la sortie du tribunal Sébastien Crozier de la CFE-CGC. « La quasi totalité des demandes de réparation ont été approuvées par le tribunal ».

Jean-Paul Teissonnière, avocat de SUD, salue « un tournant dans le droit pénal du travail sur la question du harcèlement institutionnel et sur le management toxique ».

L’ancien PDG Didier Lombard, condamné à un an de prison dont huit mois avec sursis et 15.000 euros d’amende, va faire appel, a annoncé son avocat Jean Veil. Mais pour Patrick Ackermann, « c’est un procès gagné », car il sera « difficile de gagner en appel ».

« Ca permet de construite quelque chose qui va interpeller les politiques sur les méthodes de management pour revoir la loi, mieux caractériser le harcèlement et durcir les sanctions », dit-il.

« Il faut aussi revoir la politique de prévention, à la lumière de cette affaire France Télécom: se demander comment cela a pu être possible ».

France Télécom et ses principaux dirigeants ont été déclarés coupables vendredi par le tribunal correctionnel de Paris. Les peines infligées « ne sont pas maximales », avec 1 an dont 8 mois avec sursis », observe Patrick Ackermann, mais « la quasi totalité des demandes des parties civiles ont été entendues » avec des réparations conséquentes pour préjudice moral et personnel.

mpf/cel/or