Proche du dépôt de bilan il y a deux ans, Arc en phase de relance

ARQUES, 23 novembre 2016 (AFP) – Tout proche d’un redressement judiciaire il y a deux ans, Arc International, leader mondial des arts de la table, qu’a visité le président François Hollande mercredi, tente depuis de se relancer aux côtés d’un fonds américain.

Les syndicats avaient majoritairement voté en janvier 2015 pour la reprise du site par le groupe américain Peaked Hill Partners LLC (PHP), sans pour autant éviter 130 licenciements sur les quelque 5.200 salariés.

Lors d’une visite en juin dernier, l’ex-ministre de l’Economie Emmanuel Macron avait salué le redressement du géant de la verrerie, « illustration parfaite du dialogue social », estimant qu’il n’était « pas facile de faire des efforts ».

Un accord sur l’aménagement et la réorganisation du temps de travail avait été conclu en novembre 2015 entre la direction et une majorité de syndicats.

« On a fait ce qu’il fallait faire. Le plus important, c’est de maintenir l’emploi car venir pleurer après, c’est trop tard, même si cela ne plaît pas forcément à tous », explique à l’AFP Frédéric Specque, délégué CGT et secrétaire du CE.

L’entreprise constitue en effet « le poumon du tissu économique Audomarois », faisant vivre, en comptant les emplois induits par le site d’Arques situé près de St Omer, quelque 20.000 personnes, selon lui.

Pour le syndicaliste, l’entreprise « n’avait pas d’autre choix car il n’y avait qu’un repreneur, sinon c’était le redressement judiciaire ». Il reste cependant méfiant sur l’avenir de son entreprise, « pas encore sauvée » et réclame de nouveaux investissements pour « moderniser » les lignes de production.

Un avis partagé par la direction du groupe: « Avec ses salariés, Arc s’est déjà considérablement transformé. Les premiers résultats sont tangibles. Cependant, nous sommes encore au milieu du gué. Nous devons accélérer notre transformation et trouver de nouveaux financements pour être encore plus performants et compétitifs », explique à l’AFP Didier Riebel, vice-président du Conseil d’administration d’Arc International.

Un consortium regroupant plusieurs fonds souverains a justement annoncé fin octobre qu’il allait investir jusqu’à 250 millions d’euros sur trois ans dans Arc, à l’étranger mais aussi en France. Sur cette somme, 50 millions seront dévolus à l’usine du Pas-de-Calais en 2017 précise la direction, somme « encore insuffisante », selon M. Specque.

Signe de sa meilleure santé, la production de l’usine à Arques est en forte hausse avec un tonnage de produits annuel à 260.000 pour 2016, contre 210.000 en 2014.

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