Projet de cession d’un centre d’appel de Free (syndicats)

PARIS, 6 mars 2018 (AFP) – Un projet de cession d’un centre d’appel appartenant à Iliad, société mère de l’opérateur Free, a été communiqué aux représentants du personnel mardi, ceux-ci dénonçant des « difficultés sociales » dans l’entreprise depuis plusieurs années, a-t-on appris de sources syndicales.

Selon un document transmis aux syndicats et consulté par l’AFP, l’acquéreur potentiel serait le groupe Comdata, présent en France via sa filiale b2s, implantée à Gennevilliers (Hauts-de-Seine).

« Le projet n’entraînerait pas de changement d’employeur pour les salariés de Mobipel, mais un simple changement d’actionnaire », peut-on lire dans ce document. Cette cession y est justifiée par la volonté de rapprochement avec le groupe Comdata, qui pourrait assurer à l’avenir une partie de la relation client d’Iliad en Italie.

La cession pourrait intervenir dès le mois de juin. Un « contrat de prestations de services » entre Iliad et Comdata permettrait que les salariés continuent à « gérer la relation abonné de Free ».

Sollicité par l’AFP, Iliad n’a pas voulu commenter ces informations.

Dans un communiqué intersyndical, la CFDT, SUD et la CGT ont appelé mardi les salariés à un « mouvement de débrayage ».

Free souhaite, selon les syndicats, « se débarrasser d’une société (dont) le contexte social et économique est en péril par la gestion catastrophique de la direction ».

La situation du centre d’appel Mobipel, situé à Colombes (Hauts-de-Seine), avait été pointée du doigt par l’émission Cash investigation de France 2 en septembre dernier. Le magazine y avait noté les nombreux licenciements pour faute grave intervenus après un débrayage organisé en 2014 pour de meilleures conditions de travail.

En février, un rapport d’experts commandé par le Comité d’entreprise (CE) de Mobipel, avait de son côté relevé « une logique de compression des effectifs non assumée ». Entre juin 2014 et septembre 2017, les effectifs de ce centre ont été réduits de 60% (de 711 à 287 salariés), et ce notamment suite à « des licenciements disciplinaires massifs », indiquait le rapport.

« Le constat doit être tiré qu’Iliad n’est pas parvenu à embarquer Mobipel dans la même dynamique que ses autres centres de contact en France », au nombre de cinq, est-il écrit dans le document transmis par la direction.

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