Projet de fusion Renault-Fiat Chrysler: la CGT veut que l’État garde « une minorité de blocage »

PARIS, 27 mai 2019 (AFP) – La CGT a exigé lundi que l’État conserve « une minorité de blocage permettant de faire prévaloir les intérêts français » en cas de fusion entre Renault et Fiat Chrysler, qui pourrait donner naissance au troisième constructeur automobile mondial.

« Si une telle fusion (…) devait se réaliser, ce sont encore les salariés » qui « paieraient de nouvelles suppressions d’emplois », redoute le deuxième syndicat du groupe Renault.

« Pour la CGT, et dans toutes les hypothèses, le gouvernement doit conserver une minorité de blocage permettant de faire prévaloir les intérêts français », souligne l’organisation syndicale dans un communiqué.

La CFDT, troisième syndicat de Renault, s’interroge de son côté sur « le sens de ce nouveau projet ». « Les salariés ont besoin de rêver et de se motiver sur un projet industriel et technologique, et non sur un projet capitalistique », estime sur Twitter Franck Daoût, délégué central CFDT, qui plaide pour « le renforcement de l’activité en France » et « la préservation de l’équilibre de l’Alliance » avec les japonais Nissan et Mitsubishi.

Le constructeur automobile italo-américain Fiat Chrysler (FCA) a présenté lundi un projet de fusion avec son homologue Renault, une annonce saluée par les investisseurs.

Par la voix de sa porte-parole Sibeth Ndiaye, le gouvernement français s’y est dit « favorable », tout en faisant valoir qu' »il faut que les conditions dans lesquelles se réalise cette fusion soient à la fois favorables au développement économique de Renault et évidemment aux salariés de Renault ». Le vice-Premier ministre italien Matteo Salvini a estimé lundi qu’une telle fusion serait « une opération brillante ».

Selon la proposition faite par FCA à Renault, la nouvelle entité serait détenue à 50% par les actionnaires du constructeur italo-américain et à 50% par ceux de Renault. Elle serait cotée à Paris, New York et Milan.

A l’issue d’une réunion lundi matin pour étudier cette offre, le conseil d’administration de Renault a exprimé son « intérêt » pour ce projet de fusion. « Après avoir revu attentivement les termes de cette proposition amicale », le conseil « a décidé d’étudier avec intérêt l’opportunité d’un tel rapprochement », indique le groupe au losange dans un communiqué.

De son côté, la CGT Renault note que « dans le cadre d’une fusion Renault-FCA à 50/50, la famille Agnelli serait l’actionnaire de référence (avec une minorité de blocage) avec 15% du capital », tandis que « l’Etat français descendrait à 7,5%, perdrait sa minorité de blocage et il n’aurait plus de représentant dans le nouveau conseil d’administration ». « Autrement dit, rien n’empêcherait l’actionnaire italien de privilégier sa base nationale », s’inquiète la CGT.

La direction générale du groupe français « ferait bien de revenir aux fondamentaux de Renault » qui ont fait de cette entreprise « un constructeur automobile généraliste innovant, soucieux de son image et de la qualité de ses véhicules », estime le syndicat, pour qui « dans ce domaine, l’Etat a une responsabilité qu’il n’assume pas ».

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