PSA: les syndicats inquiets pour l’emploi en France

PARIS, 5 avril 2016 (AFP) – Les syndicats de PSA se sont inquiétés mardi auprès de l’AFP du refus formulé par Carlos Tavares, le patron du groupe automobile, de s’engager à maintenir tous les sites industriels français à horizon 2021.

« Tout cela dépend du marché européen », a dit mardi sur Europe 1 le président du directoire, après la présentation d’un nouveau plan stratégique qui, a-t-il assuré, se traduira par « une activité très soutenue » en France.

La direction et les syndicats du constructeur doivent précisément entamer dans quelques semaines des négociations sur un nouvel accord de compétitivité. Le précédent, qui arrive à échéance en fin d’année, prévoit notamment le maintien des sites jusqu’en 2016, une contrepartie aux efforts fournis par les salariés.

Qualifiant d' »ambitieux » le plan dévoilé mardi, la CFTC indique cependant que « la seule ombre au tableau » c’est ce qu’a déclaré Carlos Tavares ». « C’est provocateur », a commenté Franck Don, représentant du syndicat.

« Ce qui nous amène à aller vers de telles négociations, c’est le maintien de l’activité en France », a réagi de son côté Jacques Mazzolini pour la CFE-CGC.

« Si la direction refuse de s’engager (sur ce point), il faudra qu’elle dise pourquoi » et qu’elle précise « l’avenir qu’elle réserve » aux sites menacés, a-t-il ajouté. Pour lui, « ce qui compte à l’arrivée, c’est que chacun de nos collaborateurs ait une solution d’emploi dans son bassin d’emploi ».

La CGT pour sa part s’est dite « déterminée à combattre la politique de Tavares qui consiste à vider les usines de ses salariés ».

« On s’attend à des coups très durs sur l’emploi, sur nos droits et nos salaires », a dit le numéro un du syndicat, Jean-Pierre Mercier, « convaincu » qu’une « grève générale » sera nécessaire pour « se protéger des attaques » pressenties.

Enfin, la CGT s’en est prise à la politique de dividendes appliquée par le groupe cette année, la qualifiant de « véritable scandale ». « L’argent doit aller aux salaires et au maintien de l’emploi », a déclaré M. Mercier.

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