PSA Poissy: après des heurts dans l’usine, la CGT accuse la direction de s’attaquer à ses élus

 

14/10/2016 – Dialogue et relations sociales

VERSAILLES, 13 octobre 2016 (AFP) – La Fédération des travailleurs de la métallurgie CGT (FTM) a accusé jeudi la direction du site PSA de Poissy (Yvelines) de vouloir « enrayer l’activité syndicale » en menaçant de sanctions des élus CGT, après de récents heurts dans l’usine.

« Pour essayer d’enrayer l’activité syndicale du syndicat CGT de PSA Poissy, mais peut-être aussi parce que nous ne sommes qu’à cinq mois des élections professionnelles, la direction s’attaque de nouveau aux militants de notre organisation syndicale », s’insurge la FTM CGT dans un communiqué.

Selon le syndicat, deux élus pourraient être licenciés et quatre autres sanctionnés.

Interrogée par l’AFP, la direction du site a confirmé ces informations, précisant toutefois qu' »aucune décision n’est prise » pour l’instant, les six salariés étant dans l’attente d’entretiens « pour qu’ils puissent s’exprimer ».

A l’origine du différend, une action de la CGT (minoritaire) sur des problématiques de « sécurité » au travail, menée sur le site de Poissy le 27 septembre, et qui a mal tourné.

« On a fait constater par voie d’huissier que des mandatés avaient eu des comportements répréhensibles: violences physiques sur des collaborateurs, insultes à caractère racial, menaces, entrave au travail » par l’arrêt de lignes de production, a souligné la direction.

Un représentant de Force ouvrière (FO, majoritaire) a confirmé à l’AFP que deux membres de la direction avaient été blessés, l’un à la main, l’autre aux épaules.

Ce que réfute la CGT : « Une cabale de plus, c’est totalement faux. Ce jour-là, seul un de nos membres a été blessé à l’avant-bras et a dû être évacué à l’hôpital par les pompiers », après avoir reçu « un charriot rempli de pièces » lancé dans sa direction.

Une pétition de soutien aux représentants CGT incriminés, lancée il y a deux jours, a déjà récolté près de 1.000 signatures (sur les plus de 4.000 salariés de l’usine), selon le secrétaire général Farid Borsali, qui fait lui-même partie des délégués visés par une éventuelle sanction disciplinaire.

La FTM CGT « condamne cette direction qui prône le dialogue social et s’attaque aux élus, en s’acharnant avec une telle vigueur contre nos camarades (…) alors que leur seul +tort+ est celui de se préoccuper du quotidien des salariés ».

La fédération exige « l’arrêt immédiat des sanctions et procédures de licenciement ».

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