PSA propose de construire un nouveau véhicule à Rennes sous conditions

PARIS, 29 avril 2016 (AFP) – Le Groupe PSA (ex-PSA Peugeot-Citroën) propose d’attribuer un nouveau véhicule à son usine de Rennes et de la moderniser, en échange notamment d’une modération salariale jusqu’à fin 2019, a-t-on appris vendredi de sources concordantes.

Un projet d’accord « Contrat d’Avenir pour Rennes », dont l’AFP a eu copie, prévoit de produire « un véhicule initialement conçu pour être fabriqué et commercialisé hors Europe » sur le site de Rennes La Janais, où « des nouveaux investissements à hauteur de 100 millions d’euros » pourraient être faits.

« La décision d’octroyer un nouveau véhicule à Rennes est conditionnée à la signature de l’accord » et la décision finale « sera prise en juin », a précisé un porte-parole du groupe à l’AFP. Si le texte a été signé par quatre syndicats sur cinq à Rennes, il doit encore l’être par les syndicats représentatifs au niveau du groupe mercredi, selon lui.

Selon les plans de charge prévisionnels présentés aux syndicats en octobre, Rennes (plus de 4.400 salariés à l’été 2015) doit augmenter sa production jusqu’à 95.000 véhicules en 2017, contre 68.000 prévus en 2015.

Le projet d’accord « permettrait à l’établissement de s’assurer des perspectives d’activité non prévues aujourd’hui », fait valoir PSA dans le document en citant l’objectif d’au moins « 100.000 véhicules (produits) par an ».

Le constructeur propose aussi le maintien du dispositif congé senior (dispense d’activité rémunérée) pour 2017-2019 et le versement d’une prime complémentaire de 6.000 euros (bruts) pour certains bénéficiaires, ainsi que l’embauche d’au moins 100 « CDI Intérim » sur la période.

La CGT (non signataire) a dénoncé « un chantage patronal où les salariés seront de toute façon perdants », avec « en contrepartie, aucune embauche en CDI, juste une vague promesse d’un nouveau véhicule ».

A l’inverse, la section CFDT de Rennes a vanté un projet qui « assure le maintien des emplois (et) l’avenir de l’établissement ».

En contrepartie, le projet d’accord prévoit la suppression des jours de congés supplémentaires pour les ouvriers de plus de 50 ans et, surtout, un nouveau gel des salaires (hors promotions) entre début 2017 et fin 2019.

Il « annonce sans doute la couleur pour le 2e accord de compétitivité que la direction espère imposer à l’échelle du groupe », redoute la CGT.

Selon des sources syndicales, les négociations concernant la suite du Nouveau Contrat Social (2014-2016), un accord prévoyant notamment le maintien des sites en France jusqu’en 2016 en échange de concessions sur le temps de travail et les salaires, débuteront le 18 mai.

Sans confirmer la date, PSA indique qu’un « nouveau cycle de discussions est prévu mi-mai en vue de coconstruire l’avenir » du groupe avec les syndicats.

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