PSA Sochaux recrute davantage en local qu’en Pologne pour sa relance

STRASBOURG, 23 juin 2020 (AFP) – L’usine PSA de Sochaux (Doubs) va faire travailler plusieurs centaines d’intérimaires et de salariés d’autres sites du constructeur, dont vingt Polonais, dans les prochaines semaines, pour accroître sa production qui avait chuté pendant l’épidémie du Covid-19, a-t-on appris mardi de sources syndicales.

Le site va intégrer 250 personnes dans un premier temps, soit 200 salariés d’autres usines françaises principalement celle de Mulhouse (Haut-Rhin), 30 intérimaires et « seulement » 20 ouvriers polonais de l’usine Opel de Gliwice, ont indiqué les syndicats FO et CFE-CGC à l’issue d’une réunion extraordinaire du comité social et économique (CSE).

En outre, PSA Sochaux va reconstituer début septembre une équipe de nuit d’environ 800 personnes, dont une moitié d’intérimaires à recruter, a complété FO.

Contactée par l’AFP, la direction de l’usine a confirmé la création début septembre de cette équipe de nuit « qui fera appel notamment à des travailleurs temporaires », ainsi que l’accueil à court terme de salariés « volontaires » venant d’autres sites du constructeur, sans donner plus de détails.

Le travail de nuit sera dédié à la fabrication des Peugeot 3008 et 5008 et de l’Opel Grandland qui connaissent à nouveau une « dynamique commerciale » depuis le déconfinement, a ajouté un porte-parole du site.

Les 20 ouvriers d’Opel Gliwice rejoindront Sochaux « dans quelques jours », en étant hébergés dans les environs selon le même modèle que pour l’usine d’Hordain (Nord), a précisé Eric Peultier, délégué FO.

Le renfort de travailleurs polonais sur cet autre site français de PSA avait déclenché début juin une polémique qui avait conduit le constructeur à revoir leur nombre à la baisse, d’environ 400 à finalement 124, sous la pression du gouvernement.

PSA a justifié leur venue par la « solidarité » envers des salariés de sites en sous-activité.

A Sochaux, un contingent plus nombreux de Polonais était également prévu initialement, ont affirmé les syndicats, sans pouvoir donner de chiffre. Le porte-parole de l’usine n’a pas commenté ce point.

La répartition finalement définie pour le renforcement à court terme à Sochaux, à savoir une grande majorité de salariés français et un nombre d’intérimaires supérieur à l’effectif polonais, constitue un « bon équilibre » entre la « solidarité européenne inter-sites » et le « devoir social » de PSA envers l’emploi local, ont commenté Eric Peultier et Laurent Oechsel (CFE-CGC).

« Tout le monde doit travailler, mais cette politique met en concurrence salariés étrangers et intérimaires », a réagi Jérôme Boussard, responsable CGT de PSA Sochaux.

Avant le confinement, l’usine PSA Sochaux, qui emploie 7.300 employés permanents, faisait travailler 2.000 intérimaires.

cr-maj/LyS