Qualifications, auto-entrepreneurs: les artisans du bâtiment prêts au dialogue mais sur leurs gardes

PARIS, 21 janvier 2016 (AFP) – Les entrepreneurs et artisans du bâtiment sont prêts au dialogue avec le gouvernement sur les qualifications professionnelles, mais ils souhaitent que celles-ci soient « maintenues » dans leur secteur, et espèrent voir le bâtiment « sortir du champ de l’auto-entreprise ».

Après avoir rencontré jeudi la secrétaire d’Etat à l’artisanat Martine Pinville, le président de la Fédération française du bâtiment (FFB) Jacques Chanut a salué les annonces du président de la République relatives à l’emploi (500.000 formations supplémentaires pour les chômeurs en 2016, prime à l’embauche pour les PME) les jugeant « de nature à déverrouiller et dynamiser le marché ».

« Toutefois, ces mesures, pour utiles qu’elles soient, n’auront d’effets réels qu’à deux conditions essentielles », a-t-il estimé.

La première est de « sortir le bâtiment du champ de l’auto-entreprise », un statut qui selon la FFB a pour conséquences « l’augmentation de la concurrence déloyale, le développement du travail illégal et le ralentissement de l’apprentissage ».

La deuxième est le « maintien de la qualification professionnelle dans les métiers du bâtiment, afin de ne pas déstabiliser le secteur, à l’heure d’une concurrence, notamment européenne, grandissante ».

De son côté, Mme Pinville a déclaré à l’AFP, avoir « redit » à la FFB que le gouvernement n’avait « absolument pas l’intention de supprimer les qualifications professionnelles ou le stage à l’installation ».

Il s’agit de supprimer « certains blocages » tels que les délais « parfois très longs » pour accéder au stage nécessaire à la création d’une micro-entreprise, ou encore des « qualifications qui ne correspondent pas aux métiers », a-t-elle poursuivi, assurant qu’une « concertation » allait s’engager avec les représentants des métiers concernés.

Lundi, le président François Hollande a confirmé lors de ses voeux aux acteurs de l’entreprise et de l’emploi avoir demandé au ministre de l’Economie Emmanuel Macron de « reprendre le système de qualifications pour le rendre plus lisible et plus cohérent ».

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